Spania 1     La Guerre d'Espagne

            Le combat perdu de la Démocratie

 

                                                                                contre le fascisme

 

                                                                                                                 18 Juillet 1936 - 1er Avril 1939

                                                          

 

                                                   Réalisation Jean - Paul Perrier de Privas   

                                                                                               

                                                                                   Textes et documents ( sans droits d'auteurs ) pris sur le Web .

 

 

 

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                                   Guerre civile

 

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J'ai découvert " la guerre d'Espagne " au cours des longues et belles soirées des années 46 - 48 quand j'écoutais bouche bée Monsieur Raphaèl Plana camarade de papa raconter ses combats contre les franquistes . Tout était simple pour moi , les républicains compagnons de combat  de Raphaèl étant les bons et les nationalistes les mauvais .

 

                        Dans ma soixante quinzième année si je suis plus que jamais un " républicain " et si le " nationalisme " me parait toujours infect le temps m'a beaucoup appris sur la dualité de l'homme qui peut passer de l'état d'un être humain à celui d'une bête sauvage quel que soit son camp . Oui la guerre d'Espagne fut horrible , les crimes contre l'humanité permanents .

 

                         

 

                         J'ai pris sur le WEB toute la documentation qui va suivre  en la disposant chronologiquement . Dans le choix des photos et des commentaires j'ai montré mes limites " d'historien du Dimanche " en n'étant peut étre pas toujours absolument objectif mais puis - je l'étre vraiment étant arrière petit fils de Camisard et fils de Résistant  de la première heure contre le nazisme ?

 

 

                     Que la Liberté et la Démocratie l'emportent toujours .

 

                          Bonne lecture à vous .

 

 

  A Monsieur Raphaël Plana combattant Républicain de Catalogne , citoyen de Privas du quartier " Des Mines " , camarade de mon père .

 

                                                                                                                 Jean - Paul  Jee pee moi

 

 

 

 

   Guernica 2

 

 

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Belligérants

Flag of Spain (1931 - 1939).svg République espagnole (Camp républicain)

 

Flag of the International Brigades.svg Brigades internationales
Drapeau de l'URSS Union soviétique

Drapeau du Mexique Mexique (au niveau diplomatique)

Flag of Spain (1938 - 1945).svg Camp nationaliste

 

Merchant flag of Spanish Morocco.svg Protectorat espagnol du Maroc

Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie

Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand

Volontaires étrangers

 Républicains                                          nationalistes                          
Manuel AzañaAzana
José GiralGiral
Francisco Largo CaballeroFrancisco
Juan NegrínNegrin
Lluis CompanysLluis
José Antonio AguirreAguire
Belarmino TomásTomas
Buenaventura DurrutiBuen
Vicente Rojo LluchLluch
José MiajaMiaja
Juan ModestoModesto
Juan Hernández SaraviaSaravia
Francisco FrancoFranco 76
Gonzalo Queipo de LlanoKopo
Emilio MolaMola
José Antonio Primo de Rivera
José SanjurjoSan jur
Juan YagüeYague
Mario RoattaRoatta 1
Annibale BergonzoliBergonzoli
Ettore BasticoBastico
Mario BertiBerti
Gastone GambaraGambarra
Hugo SperrleHugo
Wolfram von RichthofenVon r
Eoin O'DuffyEoin
Forces en présence
Flag of Spain (1931 - 1939).svg
450 000 hommes
(1938
)

Flag of the International Brigades.svg
35 000 hommes[2]

Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg
3 000 hommes[3]



Total : 490 000 hommes
Flag of Spain (1938 - 1945).svg
600 000 hommes
(1938)


Flag of Italy (1861-1946).svg
75 000 hommes[4]

Flag of the German Reich (1935–1945).svg
17 000 hommes[5]

15 700 volontaires étrangers

Total : 700 000 hommes

La guerre d'Espagne (également désignée sous le nom de guerre civile espagnole est un conflit qui, du au , opposa en Espagne, d'une part le camp des républicains, orienté à gauche et à l'extrême gauche, composé de loyalistes à l'égard du gouvernement légalement établi de la IIe République et de révolutionnaires anarchistes, et d'autre part les nationalistes, le camp des rebelles putschistes orienté à droite et à l'extrême droite mené par le général Franco. Cette guerre se termina par la victoire des nationalistes qui établirent une dictature qui dura 36 ans, jusqu'à la transition démocratique qui n'intervint qu'à la suite de la mort de Franco.

Cette guerre civile fut la conséquence, sur le long terme, des malaises sociaux, économiques, culturels et politiques qui accablaient l'Espagne depuis plusieurs générations. Après la proclamation de la IIe République en 1931, l'exacerbation croissante des tensions entre Espagnols culmina avec l'insurrection durement réprimée des Asturies (1934) et la résurgence de troubles civils et de violences réciproques au printemps 1936, après la victoire électorale du Frente Popular. Préparé de longue date, le soulèvement militaire et civil du camp nationaliste éclata le , mais sa mise en échec partielle déboucha sur une guerre civile imprévue, longue et meurtrière.

Pendant le conflit, dans certains territoires sous contrôle républicain, une révolution sociale aboutit à la collectivisation des terres et des usines, et expérimente différentes sortes d'organisation de type socialiste (soutenues notamment par des anarchistes de la CNT.

 

 

Proclamation de la Seconde République

 

 
 
                                                 Afficher l'image d'origine 
 
 
 
                                                                                               Couverture de la Constitution
 
                                                                                 
 
                          

Après avoir destitué le chef du gouvernement Miguel Primo de Rivera en janvier 1930, le roi d'Espagne Alphonse XIII affiche l'intention de revenir, après une période dictatoriale, à un régime constitutionnel.

Cependant, après de nombreuses manifestations anti-monarchiques, la signature de l'accord de Saint-Sébastien entre courants républicains, puis la victoire de nombreux candidats républicains aux élections municipales du 12 avril 1931, Alphonse XIII décide finalement de s'enfuir en exil. La Seconde République espagnole est proclamée le 14 avril 1931.

 

Débuts de la République (1931–1933)

 

Sous la présidence de Niceto Alcalá-Zamora, les deux premiers gouvernements, dirigés successivement par Manuel Azaña puis Alejandro Lerroux, bénéficient de la participation du PSOE, représenté par trois ministres : Indalecio Prieto (Finances), Francisco Largo Caballero (Travail), Fernando de los Ríos (Justice) ; ils mènent une politique de réformes sociales, notamment par une loi de réforme agraire, appliquée cependant de façon assez modérée ; le gouvernement Azaña y ajoute une politique de laïcisation et établit un statut d'autonomie pour la Catalogne (rétablissement de la Généralité).

 
Manifestation républicaine à Barcelone lors de la proclamation de la Seconde République.

I

 

lIs ont également le souci de l'ordre public (loi de défense de la République, octobre 1931 ; loi sur l'ordre public, juillet 1932) mais vont se heurter à la fois à la droite (tentative de putsch du général Sanjurjo en 1932, dite « Sanjurjada »)Afficher l'image d'origine et aux actions de formations de gauche plus radicales Ainsi, des groupes anarchistes organisent une grève à Séville en juillet 1931, un soulèvement dans le district minier du Haut-Llobregat (Catalogne), durant lequel des militants anarcho-syndicalistes (dont Buenaventura Durruti et Francisco Ascaso, qui seront déportés au Sahara) proclament le communisme libertaire, et les soulèvements de janvier 1933 dans le Levant, la Rioja et en Andalousie ; dans cette région, les militants insurgés à Casas Viejas (province de Cadix)Afficher l'image d'origine subissent une répression féroce de la Garde civile. Les tensions entre syndicalistes et garde civile causent plusieurs morts à Castilblanco Afficher l'image d'origineet Arnedo en janvier 1932.

Au cours de l'année 1933, le PSOE met fin à la collaboration avec les républicains, entraînant la chute du gouvernement Azaña ; Alejandro Lerroux, un radical,Afficher l'image d'origine forme un gouvernement plus centriste.

Bienio negro (1934–1935)

 

 
Drapeau du syndicat CNT-AIT.

 

 

Après les élections générales de novembre-décembre 1933, la CEDA (Confederación Española de Derechas Autónomas), devient le premier parti des Cortes par le nombre d'élus. Disposant de cette majorité relative, le chef de la CEDA, José María Gil Robles s'attend à être appelé pour former le nouveau gouvernement, mais le président de la République, Niceto Alcalá Zamora fait de nouveau appel à Lerroux pour diriger une coalition centriste. La gauche refuse en effet que la CEDA accède au gouvernement.

Le 3, la CNT déclenche une insurrection à SaragosseSaragosse maison

.

Au printemps 1934, inquiète de l'entrée prévisible de la CEDA au gouvernement, la direction du PSOE, assurée par Francisco Largo Caballero, suivie par le syndicat proche du parti socialiste, l'UGT, s'oriente vers une stratégie révolutionnaire de prise du pouvoir. S'ils se présentent encore aux élections, ils travaillent davantage dans les luttes sociales, avec les anarchistes notamment. Le contexte historique est important pour comprendre cette attitude : en 1933, Hitler a pris le pouvoir légalement en Allemagne ; or un grand nombre de sympathisants de l'extrême-gauche croient que José Maria Gil Robles Afficher l'image d'originedésire établir une dictature fasciste. Socialistes et anarchistes multiplient les appels à la grève générale.

 
Drapeau de la Phalange espagnole.

Le , Lerroux fait entrer trois représentants de la CEDA dans le gouvernement. L'UGT lance un ordre de grève générale (mais pas la CNT). Des insurrections d'origine socialiste ont lieu à Madrid et en Catalogne, où le président de la Generalitat catalana, Lluis Companys, déclare que l'État catalan est désormais une composante de la République Fédérale Ibérique. Mais, dans ces deux cas, la CNT refusant de suivre le mouvement, l'ordre est facilement rétabli (en Catalogne, Companys est arrêté et le statut d'autonomie suspendu). En revanche, des soviets sont organisés dans la seule région qui y soit prête, la région très ouvrière des Asturies où les socialistes ont obtenu leurs meilleurs scores en 1933 et où la CNT locale s'associe au mouvement. Cette insurrection est parfois appelée la « Commune espagnole » ou la « Révolution d'octobre » puisqu'elle culmine en octobre 1934 lorsque les mineurs contrôlent un territoire de quelque 1 000 km2 autour d'Oviedo et au sud de cette villeAfficher l'image d'origine. L'insurrection est matée dans le sang par les troupes d'Afrique commandées par FrancoAfficher l'image d'origine. La répression ordonnée par le gouvernement est terrible (1 000 morts, 20 000 arrestations). Les arrestations concernent même plusieurs dirigeants : Francisco Largo Caballero, Manuel Azaña et Lluis Companys parmi les plus importants. Le socialiste modéré Indalecio Prieto, pourtant opposé à la ligne de Largo Caballero, préfère s'exiler en France. Désormais, un fossé de sang sépare le mouvement ouvrier du pouvoir en place.

Bien que le centre-droit au pouvoir s'attache à revenir sur les réformes adoptées par la gauche entre 1931 et 1933, il ne rassure pas pleinement ses partisans. Les événements des Asturies ont accru l'angoisse de voir en Espagne une révolution s'apparentant à la révolution russe de 1917. La tentation de recours à un coup de force s'étend, entretenue par l'activisme des mouvements royalistes (Carlistes) ou nouveaux (la Phalange). Les deux Espagnes sont désormais hantées par deux grandes peurs : celle de la révolution bolchevique et celle du fascisme. La courte victoire d'un Front populaire groupant l'ensemble de la gauche aux élections législatives de février 1936 est à replacer dans ce contexte.

Au cours de l'année 1935, la participation de la CEDA au gouvernement est renforcée ; José María Gil Robles Roblesdevient ministre de la Guerre et place à des postes importants certains généraux. En janvier 1936, il demande au Président de la République de lui confier la responsabilité d'un nouveau gouvernement, mais Niceto Alcalá ZamoraAfficher l'image d'origine préfère dissoudre les Cortes.

Élections et les débuts du Front populaire

 
Drapeau du Front populaire espagnol.

Aux élections de février 1936, le Front national dominé par la CEDA remporte 33,2 % des suffrages et 191 sièges, auxquels on peut joindre ceux de 18 députés centristes, mais est devancé par le Front populaire qui avec 34,3 % des voix remporte 254 sièges aux Cortes, grâce à des arrangements dénoncés par le président Niceto Alcalá Zamora et à une abstention importante, qui bien qu'en baisse par rapport à 1933 (90 %), représente le tiers restant . À droite, on pense que cette coalition de gauche va faire une révolution, à gauche, on considère que la droite voulait établir une dictature fasciste. Certains anarchistes ont appelé à voter pour le « Front populaire », une des rares exceptions à leur principe d'abstention aux élections. Dans la plupart des cas, cette attitude n'est pas due à un vote d'adhésion ou à un « vote utile » mais plutôt à un vote tactique. En effet, le Front populaire a promis la libération de tous les prisonniers politiques, parmi lesquels se trouvent 15 000 militants anarchistes et/ou anarcho-syndicalistes.

Le Front populaire tente de reprendre l'action du gouvernement de 1931, mais le climat est difficile. D'un côté, une partie du peuple, subissant souvent des situations de grande pauvreté, met en œuvre, de sa propre initiative, les réformes sociales promises par les partis du Frente popular, mais qui tardent à venir. De l'autre, les notables, industriels ou paysans aisés, qui ont peu confiance dans le régime républicain ou dans le parlementarisme pour maintenir l'ordre, sont radicalement anticommunistes. Les crimes politiques se succèdent, commis par les milices ouvrières (nombreux massacres de prêtres) ou par les milices nationalistes et les représailles s'enchaînent. L'État ne maintient plus l'ordre.

Le groupe de généraux responsables du putsch était formé depuis 1933-1934, et la décision de passer à l'acte intervient en mars 1936. Le chef en est Sanjurjo, en exil au Portugal depuis son putsch raté de 1932 ; l'organisateur est Mola, secondé par Cabanillas, Fanjul, Goded et Queipo de Llano. Franco, mis dès le départ au courant du projet, hésite à s'engager. C'est l'assassinat par des membres des forces de sécurité républicaines d'un des chefs et député de la droite monarchiste, José Calvo Sotelo le , Afficher l'image d'originequi le décide à agir. Non sans mal, les militaires obtiennent l'appui des milices carlistes et de la Phalange.

 

Coup d'État et révolution Complot militaire

 

 
Les généraux nationalistes Emilio Mola et Francisco Franco en 1936.

Dès le lendemain des élections de 1936, qui voient la victoire du Frente Popular, des complots se forment, notamment avec les généraux Sanjurjo, Mola, Goded, Fanjul, et, plus en retrait, Franco.

Le gouvernement, informé de ces conspirations, a pour seule réaction de déplacer les hauts responsables soupçonnés loin de la capitale : Emilio Mola est muté à Pampelune, Franco aux îles Canaries. La première réunion des conjurés a lieu le à Madrid ; l'insurrection est prévue pour le 19 ou le 20 avril, sous la direction de Sanjurjo, en exil au Portugal depuis sa tentative ratée de coup d'État de 1932.

Mais Mola Résultat de recherche d'images pour "général mola espagne"reste en position de force : muté dans une région qui est probablement parmi les plus antirépublicaines d'Espagne, il peut comploter à loisir. Le 6 il élabore un premier projet politique fondé sur la disparition de la république et sur l'unité de l'Espagne. Dès juin, les contacts se tissent entre conjurés. Le coup d'État doit être retardé car Mola a quelques difficultés pour obtenir le soutien des milices de Navarre, qui exigent un retour à une monarchie conservatrice.

L'assassinat du monarchiste Calvo Sotelo Afficher l'image d'originepar des militants républicains le met le feu aux poudres. Les militaires décident de lancer l'offensive les 17 (au Maroc) et 18 juillet (péninsule), sans objectif politique autre que le renversement du pouvoir de gauche ; la forme républicaine ou non de l'État n'est pas encore vraiment un enjeu.

Préparatifs d'un pronunciamento

L'échec électoral de la CEDA aux élections de février 1936 a discrédité Gil Robles au bénéfice des partisans du coup d'État. Toutefois, les premiers gouvernements de Front populaire (gouvernement Azaña puis Casarés Quiroga) sont plus modérés que ceux du premier exercice biennal et n'incluent pas de ministres socialistes. Le ministre de la Guerre, le général Carlos Masquelet, laisse ses collègues Villegas, Saliquet, Losada, Gonzalez Carrasco, Fanjul, Orgaz et Varela sans affectation et déplace Goded, Franco et Mola vers des postes moins importants. La réaction ne se fait pas attendre. Le 8 mars, les généraux écartés se réunissent au domicile madrilène de Delgado Barreto, un ancien collaborateur de Primo de Rivera. Se sachant soutenus par une base civile solide, ils décident du jour du soulèvement, le 20 avril, et se séparent après avoir laissé la préparation entre les mains d'une junte présidée par Rodriguez del Barrio. Toutefois, le gouvernement découvre la conspiration et Rodriguez del Barrio, gravement malade, fait marche arrière.

Confronté à l'inefficacité de cette junte, Mola prend en charge la préparation du putsch, mais comme il n'est que général de brigade, il s'appuie sur l'autorité du chef de la conspiration, le lieutenant général Sanjurjo, alors exilé au Portugal. Mola, sous le pseudonyme de Director, étend son réseau aux garnisons, avec l'aide de l'Union Militaire Espagnole (UME), une société militaire. Comme ses dirigeants ne sont que commandants ou capitaines, ils ne peuvent pas affilier des généraux, mais en revanche, un grand nombre de membres de l'état-major. Finalement, la conspiration réussit à rallier non seulement des militaires mécontents et ennemis du régime, mais aussi une paire de généraux formellement républicains : Gonzalo Queipo de Llano, irrité parce que son ami Niceto Alcala Zamora vient d'être destitué de la présidence de la République et Miguel Cabanellas, avec lequel il avait évolué vers le lerrouxisme (politique d'Alejandro Lerroux) se rallient aux opposants au nouveau régime. En revanche, Mola ne parvient pas à convaincre Franco. Quatre ans auparavant, pendant l'été 1932, lors du procès de Sanjurjo pour rébellion militaire et alors qu'il encourait la peine de mort, Franco s'était refusé à le défendre avec une phrase cruelle : « Général, vous avez gagné le droit de mourir, non pas pour vous être soulevé, mais parce que vous avez échoué ». Depuis lors, Sanjurjo le haïssait. C'est pourquoi Franco se refuse à prendre part à ce complot.

Toutefois, tous les conjurés espèrent le persuader de les rejoindre. Angel Herrera Oria convainc Juan March, un financier espagnol, de déposer 500 000 pesetas à son nom dans une banque française, un montant similaire à celui destiné à Mola. Il finance aussi la location d'un avion britannique (bimoteur biplan De Havilland Dragon Rapide) piloté par un mercenaire, le capitaine Bebb, que Luis Bolín (en), correspondant d'ABC à Londres, fait envoyer aux îles Canaries par ordre de l'éditeur du journal ABC, Juan Ignacio Luca de Tena (es). Dans l'hypothèse du ralliement de Franco à la conspiration, l'appareil devait servir à le transporter au Maroc pour remplacer le général Agustín Gómez Morato, considéré comme loyal à la République. Les conjurés feront escale à Casablanca sans être inquiétés.

Coup d'État raté et l'enlisement

Article détaillé : Soulèvement nationaliste des 17 et 18 juillet 1936 en Espagne.

17 juillet 1936

Les militaires espagnols se soulèvent

 

Le 17 juillet 1936, la garnison espagnole de Melilla se soulève contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco. C'est le début d'une guerre civile de trois ans et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

André Larané

Un complot longuement préparé

La jeune république espagnole est à cette époque victime d'une flambée de violences qui se soldent par plusieurs centaines de morts. Ces violences sont le résultat de l'instabilité politique. Elles culminent avec la victoire électorale du Front Populaire le 16 février 1936 et débouchent sur l'assassinat du député monarchiste José Calvo Sotelo (43 ans) le 13 juillet de la même année, peu après qu'il ait été menacé par la Pasionaria.

Le soulèvement militaire, qualifié par ses auteurs de «glorioso Movimiento» (le glorieux Mouvement), survient le 17 juillet 1936 dans la garnison de Melilla, au Maroc espagnol, conformément à un plan préparé de longue date.

L'inspirateur principal en est le général Emilio Mola, ancien chef de la police devenu gouverneur militaire de Pampelune, dans une région de petits paysans carlistes et catholiques, farouchement hostiles à la République, la Navarre. Il est associé au général Sanjurjo, en exil à Lisbonne, ainsi qu'au général Francisco Franco y Bahamonde, gouverneur militaire des Canaries.

Dès le lendemain, le général Franco quitte son poste dans les îles Canaries. Il se rend en secret à Melilla et débarque deux jours plus tard en Andalousie avec ses troupes. Il s'agit essentiellement de musulmans marocains ou «maures»(«los Regulares») et de soldats de la Légion étrangère(ou «tercio», par allusion aux glorieuses armées du Grand Siècle espagnol, fin du XVIe- début du XVIIe).

Un tabor de combattants marocains

Dans le même temps se soulèvent les garnisons de la plupart des grandes villes espagnoles. Mais une bonne partie de l'armée, la moitié environ, reste fidèle au gouvernement.

Sur certains navires de guerre, il arrive que les marins s'emparent de leur officiers rebelles et les exécutent dans les formes. Sur d'autres navires, les officiers rebelles ont le dessus et font pendre aux vergues les marins qui refusent de les suivre.

En définitive, en trois jours, les rebelles «nationalistes» s'emparent de la Galice et de la Vieille-Castille, près de la frontière avec le Portugal, ainsi que d'une partie de la Navarre, du Léon et des Asturies.

En Navarre et Aragon, les insurgés bénéficient du soutien de milices carlistes, les requetes. Ce sont des paysans-soldats bien entraînés, catholiques fervents et monarchistes enthousiastes.

Les nationalistes s'implantent aussi en Andalousie, à Cordoue, Grenade et Cadix, avec l'aide de bataillons ou «tabors» maures et d'unités ou «banderas» de la Légion. Mais à Barcelone, ils sont repoussés par les milices ouvrières. Ils échouent aussi à Valence et dans le Levant méditerranéen.

Échec momentané du soulèvement

Les nationalistes, qui escomptaient une reddition rapide du gouvernement, en sont pour leurs frais. Les grandes villes leur échappent (Madrid, Barcelone, Valence). Et ils ne se maintiennent principalement que dans le Sud. Encore est-ce avec le concours de troupes marocaines.

Le général Mola projette de s'emparer de Madrid en faisant converger sur la capitale quatre colonnes de troupes et en combinant leur action avec le soulèvement de civils madrilènes favorables au Mouvement. C'est ce qu'il appelle la «cinquième colonne» (l'expression fera florès).

Mais la manoeuvre échoue devant la mobilisation impromptue des habitants. La capitale reste aux mains des troupes légalistes commandées par le général Miaja. Au terme des «trois jours de juillet» (18, 19 et 20 juillet), l'Espagne apparaît divisée en deux, avec un léger avantage au gouvernement, qui garde le contrôle des principales zones industrielles, de la capitale ainsi que de 14 millions d'habitants contre 10,5 aux insurgés.

L'armée elle-même est divisée. La plus grande partie des officiers d'état-major sont restés fidèles à la République. Toutefois, les officiers intermédiaires, issus de la moyenne bourgeoisie, ont, eux, rejoint massivement le Mouvement et ils vont cruellement manquer au gouvernement. A première vue, le pronunciamiento a échoué.

Vers une longue guerre

Le général Franco prend la tête du Mouvement après la mort accidentelle, le 21 juillet, du général Sanjurjo, qui avait été pressenti pour ce rôle. Alors que s'éloigne l'espoir d'une résolution rapide du conflit, les troupes maures  et les légionnaires de Franco débarquent en masse sur la péninsule et s'emparent le 14 août 1936 de Badajoz, au sud.

Leur victoire se conclut par un massacre atroce de la population. Mais d'un point de vue stratégique, elle permet de relier les zones nationalistes du sud et du nord. Elle permet aussi à la rébellion de tenir les régions frontalières du Portugal, ce qui facilite son ravitaillement en armes et munitions.

Les nationalistes arrivent aux portes de Madrid mais, de façon inattendue, diffèrent l'assaut sur la capitale le temps de secourir les défenseurs de l'Alcazar de Tolède, une forteresse où 1600 personnes supportent le siège de l'armée régulière.

La propagande exalte les hauts faits des «héros de l'Alcazar». Le colonel Moscardó devient mondialement célèbre pour avoir refusé de rendre la forteresse quand les assiégeants l'avaient menacé d'exécuter son fils. Le général Franco sort de son rôle subalterne et acquiert aussi une notoriété mondiale.

Mais le répit a entre-temps permis aux républicains de consolider la défense de la capitale avec pas moins de 30 km de tranchées... et le soutien essentiellement psychologique de volontaires étrangers. En novembre, ils peuvent ainsi repousser les assauts franquistes.

La guerre civile va dès lors se prolonger pendant deux ans et demi, opposant des armées de plus de 800.000 hommes chacune, avec un soutien actif de l'étranger. En s'internationalisant, elle va devenir un enjeu majeur de la lutte que se livrent dans toute l'Europe les démocrates et les mouvements totalitaires.

Le «Grand Soir»

Les républicains, à la veille du coup d'État militaire, sont handicapés par leurs divisions et les excès de l'extrême gauche.

Sans égard pour la légitimité des urnes, celle-ci engage une révolution sociale et anticléricale qui se solde par des assassinats et des pillages, notamment dans le nord. Le premier rôle revient aux anarchistes de la CNT (Confederación Nacional del Trabajo) et de la FAI (Federación anarchista iberica), aux côtés des marxistes du POUM (Partido Obrero de Unificaciòn Marxista).

Le secrétaire du POUM, Andreu Nin, a fondé dans les années 1920 l'ICE (Izquierda Communista de España), groupuscule espagnol affilié à l'Opposition de gauche de Trotski, qui préfigurait la IVème internationale. Mais, en 1935, il a rompu avec Trotski et fusionné son parti avec un autre parti de gauche (le BOC, Bloque Obrero y Campesino). Cette fusion a donné naissance au POUM.

Mais les militants du POUM sont perçus avec hostilité par Staline. «Ainsi donc, voilà ce que nous étions aux dires des communistes [staliniens] : des trotskystes, des fascistes, des traîtres, des assassins, des lâches, des espions etc. J'avoue qu'il y avait de quoi ne pas être charmé, surtout lorsqu'on pensait à certains de ceux sur qui de telles accusations étaient portées» (George Orwell, Hommage à la Catalogne).

Ces rivalités entre partis de gauche vont déboucher à Barcelone en mai 1937 sur de violents combats fratricides et gravement affaiblir le camp républicain.

 

 
Barcelone, le 19 juillet 1936.

L'insurrection militaire de juillet 1936 survient après plusieurs mois de grèves, d'expropriations, de batailles entre paysans et gardes civils. Francisco Largo Caballero, chef de l'aile gauche du parti socialiste, avait demandé en juin d'armer les ouvriers ; mais Manuel Azaña avait repoussé cette proposition. Le soulèvement débute le 17 juillet au Maroc espagnol où Franco prend le commandement des troupes, après être arrivé en avion des îles Canaries via le Maroc français, mettant sa femme et sa fille en lieu sûr à Casablanca. Le putsch gagne l'ensemble de la métropole dès le lendemain. En fait seule une partie (les 2/5e) de l'Espagne s'est ralliée, c'est un échec technique. Quand l'insurrection éclate, le gouvernement républicain se trouve paralysé. Ses premiers communiqués, au bout de 24 heures confuses, se veulent rassurants, reconnaissant seulement qu'une partie de l'armée s'est soulevée au Maroc. À Séville, des travailleurs désarmés tentent en vain de s'opposer au soulèvement dirigé par Queipo de LlanoAfficher l'image d'origine. Le gouvernement, par crainte de les voir tomber entre de mauvaises mains, refuse de donner des armes aux travailleurs qui en réclament, menaçant de faire fusiller ceux qui leur en fourniraient.

Le gouvernement républicain tente une conciliation avec les militaires. Le président Manuel Azaña propose la mise en place d'un gouvernement de compromis à la place du Frente popular : le 18 juillet, il nomme Diego Martínez Barrio Afficher l'image d'originechef du gouvernement, mais doit rapidement constater l'échec de ses efforts. Ni du côté nationaliste avec Mola, ni du côté républicain avec le socialiste Francisco Largo Caballero, on ne veut de compromis. L'issue guerrière est inévitable, et dès le lendemain de sa nomination, Martinez Barrio démissionne, remplacé par José Giral.Afficher l'image d'origine Le 17 juillet, à Barcelone, les militants de la CNT commencent à s'armer, dans les arsenaux et les chantiers navals. Leur détermination fait basculer de leur côté la Garde civile et la Garde d'Assaut, obligeant les militaires à capituler dans cette ville qui est la deuxième du pays. Quand le gouvernement décide de donner des armes à la population, celle-ci est, de fait, déjà armée. À Madrid, des armes sont finalement distribuées, là aussi, aux ouvriers, mais dépourvues de culasses. La population lance cependant un assaut, le 20 juillet, contre la caserne de la Montana, et s'en empareAfficher l'image d'origine. Si certaines régions tombent rapidement (Navarre, Castille-et-León, Galice, Andalousie occidentale, grandes villes d'Aragon), le reste du pays demeure fidèle à la République. Madrid, Valence et Barcelone, malgré le soulèvement de la garnison locale, restent aux mains des républicains, grâce notamment aux milices ouvrières très vite mobilisées.

Au bout d'une semaine et après quelques gains nationalistes sur le terrain, le pays est coupé en deux zones de superficies à peu près égales : d'un côté les nationalistes, de l'autre les républicains, qui conservent les régions les plus riches, les plus industrielles et les plus urbanisées (Catalogne, Madrid, Guipuscoa, Biscaye, Asturies, Levant).

Révolution

 
 
Image d'une pièce de monnaie de 25 centimes datant de 1937 frappée par les Nationalistes.
 

Image d'une pièce de monnaie de 5 centimes de 1937 frappée par les Républicains.

 

 

 

En tentant ce coup d'État, les militaires ont déclenché la révolution dans le pays. Voyant les travailleurs armés, bien des patrons s'enfuient ou rejoignent le camp des nationalistes. En réaction, la population ouvrière saisit les entreprises, 70 % d'entre elles en Catalogne, 50 % dans la région de Valence, et instaure un contrôle sur les autres. Les paysans collectivisent les trois quarts des terres. L'ensemble des biens de l'Église est également saisi, les couvents deviennent des réfectoires pour les miliciens, des écoles, des salles de bal, etc. Les autorités légales ont perdu tout pouvoir, ne disposent plus, à quelques exceptions près, de forces de police et militaires. À la place, les syndicats et les partis de gauche mettent en place, là où ils sont implantés, les organes d'un nouveau pouvoir, organisent des milices pour combattre les nationalistes, réorganisent les transports, l'approvisionnement des villes, transformant des usines pour les besoins de la guerre.

Cependant, les partis et organisations ouvrières, tels que le PCE, le PSOE, l'UGT, la CNT et le POUM laissent le gouvernement en place : début septembre, José Giral cède la place à Francisco Largo CaballeroAfficher l'image d'origine qui donne deux ministères aux communistes ; en novembre, ce sont des anarchistes qui entrent au gouvernement ; peu à peu, celui-ci reconstitue une armée qui va s'opposer aux milices et supprimer les comités mis en place par les organisations ouvrières. En novembre 1936, tous les ministres (y compris les anarchistes) signent un décret sur la dissolution des milices et leur incorporation dans les forces de l'armée régulière. Celles qui refusent d'entrer dans l'armée du gouvernement ne reçoivent plus d'armes, ce qui a pu faciliter la victoire des nationalistes sur plusieurs fronts ; les tribunaux révolutionnaires sont remplacés par les tribunaux du régime précédent. Ainsi, si l'énergie de la gauche révolutionnaire dans les premiers jours du soulèvement avait tenu en échec les militaires, la révolution est peu à peu désarmée, sans qu'aucun parti ouvrier ne s'y oppose réellement[

État de l'armée à la veille des combats

En principe, la loi de 1912 a établi la conscription et fixé le service militaire à trois ans ; en 1924, il est fixé à deux ans, puis à un an en 1930. Mais les cas d'exemptions sont innombrables et il est très inégalitaire (par exemple, on peut tout à fait légalement l'éviter moyennant le paiement d'une cuota). Par ailleurs, le budget ne permet ni instruction, ni entraînement, aussi les appelés sont fréquemment envoyés en permission de longue durée. De ce fait, en métropole, dans chaque division d'infanterie, trois régiments sur quatre sont en sommeil et le quatrième n'est pas aligné sur ses droits en effectifs.

D'après S. Balfour, en juillet 1936, il y aurait moins de 16 000 appelés présents sous les drapeaux et environ la moitié resteront fidèles à la République. Cependant, durant le conflit, ce sont près de trois millions d'hommes qui sont mobilisés, parfois dans le camp opposé à leurs idéaux. L'armée espagnole, avant la guerre, a une réputation plutôt médiocre, avec un matériel hors d'âge et des tactiques d'un autre temps, qui lui ont valu des revers humiliants et sanglants lors de la guerre du Rif au début des années 1920.

Rapport de forces

Les forces en présence sont équilibrées au commencement du conflit. Les effectifs de chaque camp sont estimés à environ 500 000 hommes au début de 1937. La livraison d'armes allemandes et italiennes permet une nette amélioration de l'armement de l'armée nationaliste. Les avions italiens se révèlent décisifs lors des premiers jours du conflit, en permettant aux troupes franquistes de franchir le détroit de Gibraltar. Des firmes étrangères telles que Ford et Texaco fourniront également, à crédit, camions et carburant en quantités importantes. De plus, les nationalistes disposent des troupes les plus aguerries : les Maures et les « Tercios » de la Bandéra (Légion étrangère espagnole). Stationnées au Maroc espagnol, elles sont commandées par des officiers qui ont l'expérience des guerres coloniales. Les républicains sont quant à eux progressivement équipés d'armes soviétiques, mais l'approvisionnement pose problème en raison du blocus maritime des puissances européennes, plus relâché du côté nationaliste. Moscou enverra aussi des conseillers militaires, essentiellement utilisés pour faire fonctionner les avions et les chars, ainsi que des commissaires politiques du KominternAfficher l'image d'origine, essentiellement pour assurer la répression au sein des forces communistes dissidentes, tels que les trotskistes et les militants du POUM.

Les problèmes majeurs, pour les républicains, se posent du côté de l'organisation. En effet, il s'agit d'une armée populaire créée de toutes pièces, et n'obéissant pas au gouvernement, car basée sur l'idée d'une défense populaire assurée par chaque citoyen, sans commandement centralisé. Devant l'échec de cette organisation, le gouvernement a tenté de créer une armée populaire sous la forme d'un corps national (en place au printemps 1937), avec une discipline et un commandement communs. Ces hésitations reflètent l'opposition entre communistes, tenants d'une armée organisée, et anarchistes, partisans d'une défense populaire. En règle générale, l'armée républicaine souffre d'une carence en officiers d'active qui ont pour beaucoup choisi de rejoindre le camp nationaliste. La plupart des bâtiments de la Marine sont restés aux mains de la République, mais les marins, sans leurs officiers, ne sont pas capables d'en faire un bon usage.

 

                                      La Guerre civile

Belligérants

 

Le camp « nationaliste » se fédéra par l'union des conservateurs, des monarchistes et des phalanges nationalistes de José Antonio Primo de RiveraAfficher l'image d'origine, plus proche du fascisme. Ces sensibilités politiques divisées aux élections du se rejoignirent pour s'opposer au Front Populaire (Frente Popular). Ils se dénommaient eux-mêmes nacionales (« nationaux »), tandis que leurs opposants les appelaient fascistas (fascistes) ou facciosos (« factieux ») ; quand le général Franco prit leur tête, on se mit à les désigner également sous le nom de « franquistes ». Le camp républicain se composait quant à lui de différentes forces unies contre le front nationaliste. De nombreux militants, issus de tendances diverses (républicains laïcs et plutôt socialement conservateurs, anarchistes, communistes, socialistes, etc.), surnommés rojos (les « rouges ») par leurs ennemis, s'engagèrent aux côtés des forces armées loyales envers la République espagnole, certains pour défendre la démocratie parlementaire et d'autres pour tenter de constituer des formes alternatives de gouvernement.

                                                     Opérations

 

 
Carte des opérations militaires.
  •      Zone nationaliste initiale en juillet 1936
  •      Avancée nationaliste en septembre 1936
  •      Avancée nationaliste en octobre 1937
  •      Avancée nationaliste en novembre 1938
  •      Avancée nationaliste en février 1939
  •      Dernière zone sous contrôle républicain
  • Solid blue.png : Principaux centres nationalistes
  • Red-square.gif : Principaux centres républicains
  • Panzer aus Zusatzzeichen 1049-12.svg : Champs de bataille
  • Vattenfall.svg : Batailles navales
  • Icon vojn new.png : Villes bombardées
  • City locator 4.svg : Camps de concentration
  • Gatunek trujący.svg : Massacres
  • Red dot.svg : Camps de réfugiés

 

Sur le plan militaire, la guerre d'Espagne présente les caractéristiques suivantes. Il s'agit tout d'abord d'une guerre qui, sauf dans sa dernière phase, se déroule sur plusieurs fronts à la fois. La guerre comporte sur ces différents fronts une succession de phases de mouvement et de longues phases de guerre de position avec utilisation de tranchées. Les républicains, par tactique ou par obligation, sont souvent sur la défensive, en résistant d'ailleurs souvent bien. Leurs offensives sont presque toujours de faible ampleur, mal conçues, rapidement stoppées voire contrées, et se traduisent souvent par des pertes (humaines et matérielles) importantes. Cette situation contribue à affaiblir progressivement le camp républicain.

La guerre proprement dite commence fin juillet 1936 quand les troupes du Maroc (les plus compétentes et les mieux entraînées) emmenées par Franco traversent le détroit de Gibraltar le 5 août afin de rejoindre le reste de l'arméeAfficher l'image d'origine, composé notamment de 15 000 requetés carlistes dirigés par Mola. Au total, 62 000 troupes du Maroc servirent dans les forces nationalistes dont 37 000 sont engagées au printemps 1937. Les troupes marocaines progressent vers le nord, en attaquant durement les villes et villages rencontrés. Simultanément, dans le nord du pays, des combats opposent les républicains aux requêtes carlistes, en particulier au Pays basque et à proximité de la frontière française. Dans les zones contrôlées par la République, des mouvements de contre-offensive se lancent. Trois colonnes se forment pour essayer de reconquérir du terrain sur les territoires nationalistes ; la plus célèbre est sans doute la « colonne Durruti », du nom de son commandant, Buenaventura DurrutiAfficher l'image d'origine. Par ailleurs, les républicains ont reconquis Minorque mais échoué à prendre le contrôle du reste des Baléares.

En octobre, Franco doit faire un choix stratégique : aux portes de la capitale, il préfère détourner ses troupes au sud, vers Tolède pour aller sauver les insurgés assiégés dans l'Alcazar. Ceci laisse le temps aux Madrilènes d'organiser la défense. Lorsque les nationalistes atteignent Madrid en novembre 1936, la défense est acharnée : chaque rue est défendue (avec le célèbre slogan de La Pasionaria, « ¡No pasarán ! »). Autour de la capitale, plusieurs opérations ont lieu en février et mars 1937, en particulier la bataille du JaramaAfficher l'image d'origine et la bataille de Guadalajara. Afficher l'image d'origineMalgré des pertes très lourdes, la ville tient bon et en mars 1937, les nationalistes doivent se rendre à l'évidence : la prise de Madrid a échoué.

Ils décident donc de s'occuper d'abord des poches de résistances républicaines que sont le Pays basque et les Asturies. Une première campagne se déroule autour de Bilbao, que les républicains ont entourée d'une « Ceinture de Fer » qui n'a guère contribué à ralentir les nationalistes, qui parviennent à prendre la ville le 19 juin et à contrôler le reste de la province dans les jours suivants. En août, les combats se portent dans la région de Santander, qui tombe le 26 août. Les Asturies restent alors seules dans le nord de l'Espagne à rester sous contrôle de la République. Cette petite zone résiste longtemps mais doit capituler le 17 octobre, laissant ainsi les forces nationalistes entièrement maîtresses de la côte atlantique.

Entre temps, les républicains se lancent dans d'autres offensives difficiles, en particulier à BruneteAfficher l'image d'origine

et à BelchiteAfficher l'image d'origine, mais ces combats meurtriers ne leur permettent qu'une progression limitée. Dans les derniers jours de l'année 1937, les troupes républicaines engagent le combat pour Teruel qu'elles parviennent à prendre lors de combats qui se déroulent dans des conditions très rudes pour les deux camps, notamment en raison du grand froid qui règne à Teruel cet hiver-là. Cette opération est toutefois contrecarrée et la ville est reprise par les nationalistes après moins d'un mois. Après la reprise de Teruel, l'armée nationaliste poursuit l'offensive et parvient à gagner la côte, le 6 avril, coupant ainsi en deux le territoire contrôlé par les républicains. Ceux-ci essaient encore d'attaquer lors de la bataille de l'Èbre (à partir du 25 juillet 1938) mais c'est un nouvel échec : les républicains sont contraints de repasser l'Èbre au prix de pertes importantes. Dès lors, le sort du conflit est scellé : la Catalogne est conquise sans grande résistance en février 1939. Madrid est tombée après deux ans de combats et d'intenses bombardements par la légion Condor. Le reste de l'Espagne est enlevé dans le mois, les derniers combats ayant eu lieu à Alicante. Le 1er avril 1939, Franco peut annoncer que « la guerre est finie ».

 

 

 

 Fanny, "Queen of the Machine Gun"   Spania 1

 

 

                 Fanny Schoonheyt, la reina de la ametralladora (reine des mitrailleuses), militante proche du PCE

 

                                                                                                                     !!!

                                                   Fan 3                                                                                                   

                                                                                                                             

Fanny Schoonheyt in Barcelona, May 1937. Photo by Agustí Centelles. Spain, Ministry of Culture, Centro Documental de la Memoria Histórica, Archivo Centelles.

                  Fan 2

 

                              Fan 1

 

 

December 4, 2011

By

 

Fanny Schoonheyt, born in Rotterdam in 1912, was the only woman among the contingent of Dutch volunteers to take up arms in defense of the Spanish Republic. There were other Dutch women in Spain during the Civil War, to be sure, but they generally worked as nurses. Fanny was already in Barcelona at the outbreak of the war and participated in those July days of 1936 in the defense against the military coup. In a letter to a friend in Rotterdam she later described how she and her comrades entered the military barracks from the roofs and how they confiscated the arms found there: “I wore a rather conspicuous yellow shirt and it is a miracle they didn’t shoot me. But perhaps be they were so surprised to see me they forgot to react.” Surprised to see a girl, is the supposition, although in those days a lot of young Spanish women came into action. Fanny immediately joined the antifascist milicias and as early as July/August ‘36 left for the Aragón front, where she stayed till November when she was wounded.

Fanny Schoonheyt at the front, in an officer’s uniform of the Republican Army. (Private archive Marisa Gerecht-López.)

At the front Fanny quickly became famous for her exceptional technical knowledge and her bravery. Almost all Barcelona newspapers—from the CNT’s La Noche to the widely read Vanguardia—published long interviews with her, calling her “la reina de la ametralladora,” the queen of the machine gun. Still, her comandante at the front assured she was “a very feminine woman,” while the interviewer of La Noche described her as tall, blonde (“a real blonde, not peroxide”) with eyes “as blue as a Nordic lake.” Fanny herself was rather averse to what she called “this adoration” and later, when several Dutch newspapers translated the Spanish interviews, she complained in letters to her friend about “all this nonsense” being written about her.

Fanny came to Spain at the end of 1934, trying to make a living as foreign correspondent. In Rotterdam she had had a job as secretary of the prominent Dutch newspaper Nieuwe Rotterdamsche Courant. She was an ambitious young woman, trying hard to be invited to join the editorial staff—an almost impossible aspiration in this still exclusively male world. Still, her job provided her with an entry into the cultural and intellectual circles of Rotterdam, where she met writers, painters and filmmakers such as Joris IvensAfficher l'image d'origine (who in 1937 would shoot The

 

who in 1937 would shoot The Spanish Earth, although at that point Joris and Fanny did not meet).

Earlier in 1934 Fanny had traveled to the Soviet Union. As so many young people and intellectuals in the ‘30s she was intrigued and attracted by the fame of the Bolshevik Revolution—although she had not the slightest idea of what was really going on in the USSR. She published a series of articles about her visit to Leningrad, where she was invited as art critic. Fanny was a rather talented pianist, but she likely wasn’t too interested in theoretical questions. In these articles she struggles in a naive way with the question what “revolutionary art” should be, and although she does not come to any definite conclusion, she is keen enough to predict the brilliant future of one of the composers she discusses: Shostakovich.                           Afficher l'image d'origine

At the end of ‘34 Fanny decides to leave Holland, which she finds “dusty, musty, flat and boring.” She heads to Catalonia to look up the Surinam-born Dutch novelist Lou Lichtveld,Afficher l'image d'origine one of the writers she has met in Rotterdam. Lichtveld (who, as it happened, also composed the score to one of Joris Ivens’s films) lives in Barcelona, where he is working about the colony of German/Jewish refugees who have fled the Nazi regime. In the broad Spanish political spectrum Lichtveld’s sympathies are on the anarchist side and he is a fervent anti-Catholic. His daughter, in her eighties now, vividly remembers her childhood in those turbulent days, the strikes and demonstrations in Barcelona—and especially the day she and her sister, on their way home from school, saw a chapel that was set on fire. As soon as they got home, the girls burned their doll’s house in a spontaneous act of anticlerical solidarity.

                                                                                              Fanny                                                                                                      

Fanny Schoonheyt at the front, Aug-Sept 1936. Copyright EFE/Juan Guzmán.

 

Fanny did not stay with the Lichtveld family for very long; she soon found a place of her own in the old center of Barcelona. But she never realized her dream of becoming a foreign correspondent for a Dutch paper. The letters to her friend in Rotterdam indicate that she was not doing well and had kidney trouble. She writes a lot about daily life in Barcelona, inviting her friend to join her on a trip to Ibiza (which she described as the cheapest place on earth), but she never once mentions Spain’s political turmoil. Nor does she give any sign of political commitment herself.

In fact, this is one of the many mysteries surrounding Fanny’s life: When, where, and how did she become politically engaged? Less than a year later, after the outbreak of the Civil War, writing to the same friend in Rotterdam, she is a convinced antifascist and a member of the PSUC (the United Socialist Party of Catalonia), the Catalan branch of the Communist Party. What happened in the interim?

I long thought that Fanny became politicized during the few weeks she worked as a press agent for the Olimpiada Popular, the alternative Olympic Games to be held in Barcelona in July, and on whose organizing committee sat a good number of German and Italian political refugees. When Franco’s coup interrupted the Games, several of them joined the milicias and formed the kernel of what later became the International Brigades. I supposed Fanny’s decision to join the armed Republican resistance against the coup had been a spontaneous one, motivated by a sense of solidarity with the people she had been working with in those weeks.

Marina 1  Marina Ginesta in 1936

 

 

 

 

But a conversation with Marina Ginesta in 2007 made me change my mind.

 

Marina 2  Marina Ginesta in 2007

Marina, one of the last survivors of the SCW, is over ninety by now and still a beautiful woman. A photo depicting her on the roof of the Hotel Colon in Barcelona has become an icon of the SCW. During the war she worked as a translator, among others for Koltsov, the famous Pravda-reporter. Marina told me Fanny’s political activism had started much earlier: She had met Fanny at the end of ’35 or the beginning of ‘36 at the meetings of the Communist Youth in Barcelona. “It was hard not to notice her,” Marina told me. “She was tall, blonde and she smoked cigarettes! No woman in Barcelona at that time would have dared to light a cigarette in public. She paid no attention to us, young ignorant Spanish women, I even had the impression she looked down on us. The older men respected her a lot and the younger men… you can imagine.” Marina’s testimony undermined my earlier hypotheses. Could Fanny have lived a double life of which her Dutch friends were unaware?

Fanny Schoonheyt died in 1961, age 49. I have been fascinated with her since the mid-1980s, but reconstructing her life has not been easy. Reliable sources are few and far between. Apart from a handful of letters, Fanny left no personal papers; in fact, I suspect she purposely tried to erase all traces of her Spanish past. Even her daughter, who was born in 1940 in the Dominican Republic, had no idea that her mother had fought in Spain. The most extensive information about this period of her life is to be found in the Dutch National Archives in The Hague. Between 600 and 800 Dutchmen participated in the Spanish Civil War and for almost all there is a personal dossier, compiled by the Ministries of Foreign Affairs and Justice. A special Royal Decree of summer ‘37 deprived them all of their Dutch nationality. Probably a third of them were killed in Spain; of those who returned—stateless—to Holland, many ended up in German concentration camps.

As it turns out, the Dutch National Archive contains an extensive correspondence about Fanny between the Dutch consul in Barcelona and the Dutch Ministry of Foreign Affairs. Several remarkable points jump out. In the spring of ‘37 the consul writes that Fanny has become an officer in the Spanish Republican Army. This is the time the militias, where anarchist influence is strong, are being dismantled, and the new army of the Republic, the “Ejército Popular”Afficher l'image d'origine is being build. It is also the time of increased Soviet influence in the Army.

We don’t know what rank exactly Fanny held in the Republican army; Spanish military historians claim there never was a foreign woman officer at all. However, the uniform she is wearing on one of the few photos taken of her during the war is not the uniform of a simple soldier. Several sources affirm that Fanny was “directora” in the “campo de instrucción premilitar” at Pins del Valles, a little village not far from Barcelona where new recruits got their instruction. Remarkably, during the whole war Fanny never entered the International Brigades; she always operated in the realm of the Ejército Popular and the PSUC, the Catalonian Communist Party. Regardless of the specifics, hers was an exceptional career for a foreign woman.

How involved was Fanny in the internal political conflicts that divided the Republican camp? In his Homage to Catalonia George Orwell describes the horrible days of May ‘37, when left-wingers in the streets of Barcelona engaged in a deathly struggle, ending up with the elimination of anarchists and POUMists (wrongly called “Trotskyites”) and the violent death of POUM leader Andreu Nin. Orwell mentions the Barcelona’s central square, the Plaza de Catalunya, whose “principal landmark … was the Hotel Colon, the headquarters of the P.S.U.C., dominating the Plaza”: “In a window near the last O but one in the huge ‘Hotel Colón’ that sprawled across its face they had a machine-gun that could sweep the square with deadly effect.”

In the course

New of Fan

of my investigation I became more and more convinced that Fanny Schoonheyt had has been one of the PSUC machine-gunners at the Plaza. After publishing my biography of Fanny in the fall of 2011, ALBA’s Sebastiaan Faber sent me a photo depicting Fanny, flanked by two men, standing with her back to a pile of sandbags in front of what looks like the façade of the Hotel Colón. The picture, taken by the famous Catalan war photographer Agustí Centelles, reinforces my supposition that Fanny played a significant role in the “hechos de mayo”. Interestingly, the picture forms part of the exhibit “Centelles in_edit_oh!” which opened in New York in October. In the show, Fanny is misidentified as Fanny Jabcovsky aka Fanny Edelmann,Afficher l'image d'origine the equally legendary miliciana from Argentina who passed away this year, age 100. (I am still hoping to identify the two men at Fanny’s side, and welcome any suggestions anyone might have on the matter.)

Centelles’ portrait of Fanny is part of a series of at least three photos taken at the same place and time. A cropped version of one of the other images—this time with Fanny smiling—appeared on June 17th, 1937 in La Vanguardia. “La gran luchadora antifascista conocida por ‘Fanny’ gravemente herida,” the headline reads. The great antifascist fighter known as Fanny, the paper states, has been seriously wounded in a car accident near Tarragona.

This is the last piece of information concerning Fanny I found in the Spanish newspapers. What she did between June 1937 and the summer of 1938 is still an enigma, although some intriguing clues can be found in a book by the American journalist Isaac Don Levine. In The mind of an assassin (1960), a reconstruction of the life of Ramón Mercader, Afficher l'image d'originethe Catalan secret agent who murdered Trotsky in August 1940, Levine describes how Mercader, during a hospital stay in June 1937, meets another convalescent patient: “a tall, blonde Dutch girl, Fani Castedo, prominent in the communist movement. Ramon had an affair with her. His room became a meeting place for some of the most notorious communists in Barcelona as well as Soviet NKVD operatives hospitalized in the establishment.” Unfortunately Levine does not indicate where he got this information. The name Castedo is traceable to a Catalonian painter prominent in the PSUC, a friend of Fanny’s who after the defeat of the Republic disappeared to the Soviet Union. Had she adopted his name as an alias? Had Fanny entered the NKVD’s spider web?

In the late spring of 1938 Fanny tries to get her Dutch passport renewed at the consulate of the Netherlands in Barcelona. Her request is denied. She tells the consul she wants to go back to Holland—an obvious lie. The summer of 1938 finds her in Toulouse, from where she resumes her correspondence with her friend in Rotterdam. She tells here she is in Toulouse “on duty” and will go on to Paris to obtain a pilot’s license. She is reticent about the exact nature of her activities, but she does tell her friend about a man she has fallen in love with, Georges Vieux, who works at Air France in Toulouse.

Georges, a highly qualified aeronautical technician, was likely involved with the informal aid Air France provided to the Spanish Republic. He regularly traveled to Barcelona, and is there on December 31, 1938, when Barcelona is heavily bombarded by Italian aircraft.Afficher l'image d'origine “I almost lost my Georgie,” Fanny writes to her friend from Paris, where she is desperately trying to get her pilot’s license; her lessons are continuously postponed because of bad weather. On January 6, 1939, only a few weeks before the fall of Barcelona, she tells her friend she is still determined to go back to Spain, “whatever happens.” Meanwhile, it is not at all clear why Fanny was bent on getting her pilot’s license and what she would have done with it. Was she paid by the PSUC leaders to become some sort of private pilot at the moment a hasty evacuation might be needed? As it turned out, many PSUC leaders were hastily evacuated, with Soviet help, at the end of the Civil War.

There are many questions and just a few answers. Georges Vieux disappears from the scene altogether; I was not able to find a single trace of what happened to him after the war. Fanny stays in Paris till February 1940. How she makes a living is a mystery. A little agenda covering the year 1939—one of the few personal belongings she left behind after her death—contains a long list of more or less well known antifascist artists, painters, musicians, writers. In February 1940 she arrives in the Dominican Republic, then under the dictatorship of Trujillo. She is on the lists of the SERE (Servicio de Emigración para los Repubicanos Españoles), the agency that helped Spanish refugees to leave France. After the Molotov-Ribbentrop Pact of August 1939,Molotov_Ribbentrop_MyCent the non-aggression agreement between Hitler and Stalin, life for communists everywhere had become unbearable. The Communist Party was outlawed and many Spanish refugees ended up in French concentration camps. Fanny, who continued to be stateless, did not choose to go to the Dominican Republic; refugees were simply assigned a destination. TrujilloAfficher l'image d'origine had his particular reasons to admit several thousands of Spanish and Jewish refugees to his country, among which “improving the race” (with “white” European blood to counterbalance the “blacks” coming from Haiti) seems to have been an important one.

 

Interview with a hospitaized Fanny in " La Noche " , Aug. 25 , 1937 ;

 

 

                                                                    Fanny fan

 

 

Espana 001

 

In April 1940 Fanny gives birth to a daughter, whom she will later tell that her father was a Spanish Republican fighter, named Julio López Mariani, who died on the same boat that brought Fanny to the Dominican Republic. From the documents of that time and from the research I did in Spain no such man ever results; most likely Fanny “invented” a father for her child. Regardless, from that moment on she calls herself Fanny López. She contacts the Dutch consul in the Dominican Republic and tries once again to renew her Dutch papers. The Netherlands by then is occupied by the Nazi’s, and Rotterdam has been destroyed in a massive bombardment. Fanny has good reason to hope that the information about her Spanish past has been lost in the shuffle. Unfortunately for her Dutch bureaucracy is still working and her application for Dutch nationality is denied once again. It is just because she gains the personal sympathy of the Dutch consul, Leonard Faber, that she is able to survive. Later on she starts a quite successful career as photographer. Remarkably enough she avoids almost all contact with Spanish Republican refugees that have settled in the Dominican Republic, and who according to all Dominican historians have had a determinant influence on Dominican cultural and intellectual life.

From the moment she arrives in the Dominican Republic Fanny seems bent on blurring her revolutionary past. Of course in a dictatorship it is always better to be extremely careful—and Trujillo’s rule was particularly brutal. But she becomes even more taciturn after 1947, when she is compelled to leave the Dominican Republic—the precise circumstances are unclear—and is allowed to move to Curaçao, then still a Dutch colony. Of course in the Western hemisphere in the 1940s and ‘50s there was little reason to boast of a revolutionary, communist past. But an additional reason for Fanny’s avoiding contact with her Spanish Communist comrades could have been her relation with Mercader, Trotsky’s assassin. Had that chapter of her biography become public information, her life would become even more complicated. Evidently, however, it did not: the FBI files on Spaniards in the Dominican Republic are extremely detailed, but Fanny is not mentioned.

Fanny’s silence about her Spanish past has puzzled me for a long time. When I first met her daughter, I was surprised to realize that she had not the faintest idea of her mother’s life before her birth. When I told her that her mother had been famous as “queen of the machine-gun” and the bravest girl of Barcelona, she was flabbergasted. Did Fanny hide her past only for opportunistic reasons? While in Paris in 1939, she met several Spanish artists who had been members of, or sympathetic to, the POUM. Did they open her eyes to what had really happened in those terrible May days of 1937? Did they tell her about the destructive consequences of Soviet “help” to the Republic? In other words, did she realize that in many ways she had made the wrong political choice?

Her old Dutch-Surinam friend Lou LichtveldAfficher l'image d'origine met her again in 1955 in Willemstad, Curaçao.Afficher l'image d'origine She was “cool,” he said. She did not even invite him to her home. But Lichtveld had a different explanation: It was all due to the Dutch “fascistoid” government that still refused to grant Fanny her Dutch nationality: “She was stateless, so she had to be very careful.” In 1957 Fanny finally returned to Holland. She was in bad shape, her health was deteriorating quickly. On the eve of Christmas 1961 she died from a heart attack.

Yvonne Scholten is a Dutch writer and freelance journalist who has worked as a foreign correspondent in Italy and other countries. Her biography of Fanny Schoonheyt appeared with Meulenhoff in Amsterdam in 2011. 

English version by Sebastiaan Faber.

 

 

 

Espana

 

 

 

 

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Pour en savoir plus : jenevoispaslerapoport.blogspot.ca.

                                                Violences et exécutions

 
 

                                         Terreur rouge

 
 
 
 

Le nom de Terreur rouge (en espagnol : terror rojo) est utilisé pour désigner, en Espagne, l'ensemble des actes de violence commis par différents groupes d'activistes républicains pendant la guerre civile espagnole des années 1930. Ceux-ci incluent des profanations de monastères, d'églises et de gravures religieuses ainsi que le meurtre de 6 832 membres du clergé catholique, l'exécution de laïcs et des attaques contre des propriétaires terriens, des industriels et hommes politiques. La terreur rouge se déroula en parallèle à la terreur blanche commise par les franquistes.

On trouve une évocation et une condamnation de brutalités commises dès 1936 par des Républicains, y compris pour terroriser les ouvriers, chez des auteurs aussi différents que Simone Weil ou George Orwell tous deux engagés dans des milices républicaines.

 

 

Contexte

Dans les semaines qui suivent le coup d'État des 17 et 18 juillet 1936Afficher l'image d'origine, les organisations « prolétariennes », dont les communistes et anarchistes, prennent le pouvoir de fait dans les rues des villes et dans les campagnes. En Catalogne et en Aragon, malgré les consignes modératrices de la Confédération nationale du travail (CNT), l'économie est collectivisée de fait par les militants de base. En Andalousie, dans de nombreux lieux, des militants anarchistes décrètent l'abolition de la propriété et de la monnaie. Les milices socialistes, anarchistes, communistes ou, plus rarement, POUMistes Afficher l'image d'origineapparaissent dans l'ensemble du pays, agissant souvent de leur propre chef. La situation est parfois renforcée par l'antagonisme de certains villages anarchistes. Des délinquants en profitent pour régler leurs comptes en se présentant comme des militants prolétariens. Le gouvernement de la Seconde République espagnole apparaît impuissant. La CNT travaille à la révolution et à la lutte contre le franquisme, elle refuse que ses milices apportent leur concours au gouvernement central .;

                        Violences antireligieuses

 

Parmi les violences ayant le plus marqué l'opinion internationale durant la guerre, les attaques contre le clergé espagnol causent un émoi particulier Pour l'historien français Guy Hermet, le massacre des prêtres espagnols représente « la plus grande hécatombe anticléricale avec celles de la France révolutionnaire puis du Mexique d'après 1911 ». Des groupes anarchistes s'en prennent à des prêtres et à des églises dans les premiers mois de la guerre civile, le clergé catholique étant souvent vu comme un bastion du conservatisme et de l'ordre établi. La propagande du camp nationaliste avance initialement le chiffre de 20 000 prêtres massacrés. L'historien britannique Antony BeevorAfficher l'image d'origine cite le chiffre de 13 évêques, 41 814 prêtres, 2 365 membres d'ordres divers et 283 religieuses, pour la plupart tués au cours de l'été 1936. Des exactions sont commises en Aragon, en Catalogne et à Valence, où des églises sont incendiées et vandalisées. Des prêtres sont brûlés vifs dans leurs églises, et l'on signale des cas de castration et d'éviscération. Les violences contre le clergé ont lieu à peu près partout sauf au Pays basque espagnol

Rapportées à l'ensemble des effectifs du clergé espagnol, le nombre de victimes représente 13 % des prêtres diocésains, 23 % des religieux et 3 à 4 % des religieuses. Les proportions, qui concernent l'ensemble du territoire espagnol, sont largement dépassées s'agissant de la seule zone « loyaliste » : les assassinats de prêtres concernent 87,8 % de ceux du diocèse de Barbastro et 63,5 % de ceux du diocèse de Lérida. D'autres diocèses perdent 30 à 50 % de leurs prêtres. Pendant plusieurs mois, en dehors du pays Basque, le seul fait d'être reconnu comme prêtre peut constituer un motif d'assassinat ou d'exécution. Dans la région de Barcelone, où les anarchistes sont rapidement maîtres de la rue , le massacre commence dès le 19 juillet : des groupes entiers de prêtres, parfois capturés dans leurs cachettes, sont fusillés jusqu'en mars 1937, et des « incidents mortels » se produisent jusqu'en avril et mai. Les incendies de bâtiments religieux se multiplient dans la région, et seule la cathédrale de Barcelone échappe au feu et aux déprédations. La Sagrada Família en cours de construction est endommagée par des vandales « révolutionnaires »; les maquettes et plans de l'atelier de l'architecte Antonio GaudiImage illustrative de l'article Antoni Gaudí sont détruits par les républicains. Dix mille volumes précieux de la bibliothèque des capucins de Sarria sont dispersés. Les violences anti-cléricales sont inégales selon les lieux, et aucun schéma régional n'apparait pour l'ensemble de ces exactions Les persécutions semblent avoir en partie dépendu moins d'ordres précis de la part de la CNT ou de la FAI que de l'humeur des dirigeants des « comités anti-fascistes » locaux. Le gouvernement républicain est dépassé, et se contente d'accuser réception des appels au secours du clergé, avant de cesser tout à fait d'y répondre.

977 martyrs de la guerre d'Espagne ont été officiellement reconnus par le Vatican, et concernés par des procédures de béatification.

 

                      Exécutions sommaires et meurtres politiques

 

Dans certaines grandes villes où socialistes et communistes dominent, les partis et syndicats de gauche réquisitionnent des bâtiments et créent des « commissions d'enquêtes », généralement connues sous le nom de « checas » (en référence à la Tchéka) : des partisans de l'insurrection nationaliste sont traînés devant des « tribunaux populaires », quand ils ne sont pas abattus sommairement. « Mieux vaut condamner cent innocents que d'absoudre un seul coupable », déclarait Dolorès Ibarruri,Dolores Ibárruri en 1978. la présidente du Parti communiste d'Espagne

. Des monarchistes, des personnalités de droite, des officiers demeurés en zone républicaine après l'échec du coup d'état, sont tués sans jugement ou après des simulacres de procès : 1 500 officiers sont tués sur les arrières du front

De nombreux abus et erreurs judiciaires semblent en outre avoir été commis, des rancunes personnelles ayant entraîné des dénonciations abusives. De fausses lettres de la Phalange espagnoleAfficher l'image d'origine sont parfois produites pour hâter la condamnation et l'exécution des accusés. Dans le climat de suspicion généralisée, un grand nombre de criminels trouvent commode d'agir sous pavillon politique : certaines checas deviennent des gangs dirigés par des opportunistes. Un certain nombre d'exactions politiques sont l'œuvre de prisonniers libérés, amenant la CNT-FAI à déplorer que « la pègre déshonore la révolution ». Madrid connaît une vague de meurtres politiques ou supposés tels. Dans la nuit du 22 au 23 août, à l'annonce du massacre de mille deux cent républicains aux arènes de Badajoz, une foule de miliciens prend d'assaut la prison Moledo : une trentaine de prisonniers politiques, dont plusieurs notables de droite et d'ancien ministres, sont massacrés lors de « sacas de presos ». Manuel AzañaAfficher l'image d'origine, horrifié par les évènements de Madrid, est à deux doigts de démissionner de ses fonctions de président de la République. A Barcelone, les industriels ayant brisé des grèves sont des cibles privilégiées : une vague de répression est menée par le Comité Central des Milices Antifascistes. Des règlements de comptes opposent les syndicalistes aux anciens « jaunes » (non grévistes).

Entre le 6 et le 8 novembre, à l'approche de la conquête de Madrid par les franquistes, et tandis que le communiste Santiago Carrillo détient le poste de conseiller à l'ordre public de la Junte de défense madrilène, entre 2 400 et 2 750 détenus politiques sont fusillés au cours de l'épisode du massacre de Paracuellos, qui représente l'apogée des sacas envers les prisonniers politiques. Après cet épisode, les violences politiques tendent à diminuer, et s'apparentent davantage à une répression politique de type stalinien, avec les tortures et les assassinats commis par le Servicio de Información Militar (es), police politique de l'Armée populaire. Les victimes n'en sont plus uniquement des hommes de droite : l'épuration vise aussi les factions minoritaires de l'extrême-gauche espagnole, qualifiées de « fascistes "

Parallèlement, une « guerre civile dans la guerre civile » se développe dès 1937, avec les conflits entre républicains. Les affrontements sanglants entre communistes et anarchistes en Catalogne s'achèvent, en mai 1937, par la victoire des communistes, qui réalisent une purge contre la CNT et le POUM. Le chef du POUM, Andreu NinAfficher l'image d'origine, est emprisonné avant d'être tué par une équipe de membres des Brigades Internationales, commandée par un agent soviétique. En mars 1939 a lieu une deuxième guerre civile interne au camp républicain, quand des combats opposent à Madrid des unités militaires communistes et anarchistes

Répartition des violences sur le territoire espagnol

Les exactions assimilées à la « terreur rouge » ont lieu dans l'ensemble du territoire républicain, mais leur répartition est très inégale sur le territoire. Dans l'ensemble, les régions touchées par la crise économique sont celles ayant connu le plus de violences, notamment en Vieille-Castille, où 2000 personnes sont tuées durant la guerre. A Tolède, 400 personnes sont tuées entre le 20 et le 31 juillet. Certaines régions d'Andalousie connaissent de véritables tueries. A Malaga, un bombardement de l'aviation nationaliste sur un marché de la ville entraîne une vague de répression en juillet : des suspects sont traînés hors des prisons pour être fusillés La plus grande partie de la Catalogne est affectée par la terreur : dans les derniers jours de juillet, le passage des colonnes anarchistes est accompagné d'exécutions dans les villages. Des listes noires comportant la plupart du temps des notables et des partisans des insurgés franquistes sont dressées et des groupes spéciaux dépendant des colonnes s'emploient à les retrouver, quand ils n'ont pas déjà fui vers les lignes franquistes. Un certain nombre sont alors passés par les armes, ce qui n'est pas toujours pour déplaire aux habitants qui règlent ainsi d'anciens comptes. Un certain nombre d'exécutions sont d'ailleurs le fait des habitants eux-mêmes qui profitent du passage des colonnes pour leur en attribuer la paternité. A Figueras, le comité anarchiste fait exécuter quatorze personnes détenues dans la prison et fait incendier le couvent des religieuses françaises. 250 des 800 prisonniers transférés par voie ferroviaire depuis l'établissement carcéral de Jaén, dont le doyen de la cathédrale, sont assassinées durant le trajet par des miliciens. Dans les trois provinces du Pays valencien, le nombre de morts approche les 5 000

                                                   Bilan

 

Les exactions commises durant la guerre civile semblent surtout s'être déroulées dans un contexte d'absence totale de contrôle, et non en fonction d'un plan organisé par les dirigeants politiques républicains. Le gouvernement de Francisco Largo CaballeroFlc, arrivé au pouvoir en septembre, prend des mesures fermes pour rétablir l'ordre et la loi, aboutissant à une diminution des pillages et des meurtres[17]. Le ministre de la justice Juan García OliverJgo, lui-même anarcho-syndicaliste, met fin aux excès de la « justice populaire », et notamment des patrouilles de miliciens agissant sans contrôle : des camps de travail sont institués, permettant notamment aux condamnés d'y purger leurs peines à l'abri, et les peines de mort prononcées par les tribunaux sont décrétées révisables. Les compétences des « tribunaux populaires » sont par ailleurs étendues. Au printemps 1937, les grandes tueries ont pour l'essentiel pris fin en zone républicaine, du moins pour la durée de la guerre À partir de l'été 1937, la persécution religieuse directe cesse, et une tolérance se développe, permettant aux cérémonies religieuses de reprendre. Si de nombreuses messes sont à nouveau célébrées, elles ne le sont cependant que clandestinement, l'exercice du culte demeurant interdit Des exactions et des actes de répression politique, commis notamment par le Servicio de Información Militar, continuent de se dérouler jusqu'à la fin du conflit en 1939.

Les crimes et les excès commis par ou attribués au camp républicain contribuent à heurter une partie de l'opinion espagnole et étrangère. En France, le gouvernement de Léon BlumLbl réfrène ses sympathies naturelles pour les républicains et s'aligne sur la politique non-interventionniste du Royaume-Uni. Ce n'est qu'à partir du bombardement de Guernica en avril 1937 que l'opinion internationale bascule nettement en faveur de la République espagnole[21].

Le nombre de victimes n'a jamais été chiffré avec exactitude. Selon l'historien britannique Hugh ThomasHt, le bilan des persécutions antireligieuses s'élève à 55 000 morts le même auteur estimant les assassinats et exécutions politiques de « nationalistes » à environ 75 000 pendant la guerre Selon Antony Beevor,Ab le bilan de la plupart des actes de la terreur rouge espagnole, qui se déroulèrent au début du conflit à l'été et automne 1936, s'élèverait à environ 38 000 personnes, dont presque la moitié furent tués à Madrid (8815 victimes) et en Catalogne (8352 victimes). Guy HermetGh observe que si le chiffre de 300 000 victimes, avancé par la propagande nationaliste, est très exagéré, les estimations oscillent entre 86 000 et 20 000, « étant entendu que ce dernier chiffre (avancé par l'historien américain Gabriel Jackson) semble tendre surtout à démontrer que les assassinats ont été moins nombreux sur le territoire loyaliste que dans l'Espagne nationale » : lui-même penche pour une estimation de 75 000 victimes environ.

La "terreur rouge" est contemporaine de la "terreur blanche" et sera suivie plus tard de mesures de représailles et d'épuration par les Nationalistes. Le bilan de la terreur blanche, qui est prolongée après le conflit par la dictature franquiste, aboutit à un chiffre de victimes nettement supérieur, les estimations allant de 150 000 à 400 000 morts

                               Origine et usage du terme

 

À l'origine, le terme "terreur rouge" est principalement utilisé par les nationalistes et leurs partisans, par exemple en France dans une partie de la presse de droite. En 1936, en Haute Garonne, à Villefranche-de-Lauragais, le candidat de droite, Peille, envoie une brochure à chaque électeur intitulée « La Terreur Rouge en Espagne »[29].

L'historien Émile Temime considère qu'il s'agit avant tout de l'un des « deux thèmes majeurs et complémentaires de la propagande franquiste », avec « celui de la Croisade contre le Communisme ». L'historienne Caroline Désy analyse ainsi le discours dominant dans l'Église catholique en citant l'abbé Camille Poisson : « Lutte formelle entre la civilisation chrétienne et la terreur rouge que représente le communisme athée, féroce de Moscou, tel est, disons-nous, le caractère de la guerre civile qui déchire actuellement l'Espagne »

Le terme est devenu courant dans le vocabulaire historique espagnol et est utilisé dans des publications gouvernementales. L'historien français Bartolomé Bennassar emploie pour sa part le terme de « terreur rouge et noire »[note 4].

 
                                          Terreur blanche
 

Les noms de Terreur blanche (en espagnol, Terror Blanco) ou de répression franquiste (Represión Franquista) désignent l'ensemble des exactions et répressions politiques exercées par le camp nationaliste puis par la dictature franquiste durant et après la guerre d'Espagne. Durant le conflit, elle se déroula en parallèle à la terreur rouge pratiquée en zone républicaine.

La terreur blanche proprement dite est considérée comme ayant duré environ jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945 bien que le concept de « répression franquiste » puisse s'entendre comme englobant l'ensemble des politiques répressives menées jusqu'à la mort de Francisco Franco en 1975.

Il existe en Espagne entre 600 et 800 charniers de républicains et d'opposants à la dictature franquiste. Des charniers contenant des milliers de cadavres de républicains assassinés sont encore découverts au début du XXIe siècle[3].

 

 

Contexte

La terreur mise en place par les franquistes relève dès le début d'une volonté délibérée de détruire les fondements de la République espagnole. Dès avant le coup d'État des 17 et 18 juillet 1936, les officiers nationalistes prévoient de mettre en œuvre une purge politique radicale : dans son Instruction réservée n°1 datée du 25 mai 1936, le général Emilio Mola Afficher l'image d'origineprévoit de « tenir compte de ce que l'action doit revêtir une violence extrême pour réduire le plus vite possible un ennemi qui est fort et bien organisé », prévoyant de soumettre à « des châtiments exemplaires » les dirigeants politiques et syndicaux et les notables qui ne soutiendraient pas le mouvement. Pour des raisons « relevant à la fois de la propagande et de l'autosuggestion », l'action est présentée comme préventive, afin d'empêcher une révolution communiste suscitée par les marxistes et les anarchistes : la politique d'extermination se présente d'emblée comme revêtue de la « légitimité » manichéenne d'un « combat du bien contre le mal »

 

                                Purge de la population

 

Dès le début du conflit, les nationalistes mettent en œuvre une politique de répression violente pour réduire leurs adversaires, mais aussi pour soumettre une majorité hostile dans de nombreuses régions du pays. Entre juillet 1936 et le début de 1937, les autorités nationalistes autorisent des tueries « discrétionnaires » mais la répression est bientôt planifiée et méthodiquement organisée. L'armée est également visée : des militaires fidèles au gouvernement républicain ou simplement hésitants sont abattus par leurs collègues ou leurs subordonnés dès le début du soulèvement. Huit généraux, un amiral, et un nombre important d'officiers subalternes sont abattus entre 1936 et 1939

La répression dans les territoires conquis par les nationalistes commence par l'exécution des dirigeants syndicaux et du gouvernement républicain, souvent abattus sur-le-champ. Les officiers restés fidèles au gouvernement sont également exécutés. Une fois les premières troupes nationalistes parties, la répression est poursuivie par la PhalangeImage illustrative de l'article Phalange espagnole et par les requetés, qui se livrent à une purge de la population civile, visant dirigeants syndicaux, fonctionnaires du gouvernement républicain, politiciens de centre-gauche mais aussi intellectuels et enseignants supposés sympathisants de la République. A Huesca, une centaine de personnes soupçonnées d'appartenir à la franc-maçonnerie sont abattues, alors que la loge locale compte à peine une douzaine de membres. Le fait que les troupes nationalistes aient ou non rencontré une opposition ouverte ne fait pas de différence : à Burgos et à Pampelune, où aucune résistance n'est opposée, les purges commencent immédiatement

Les nationalistes instituent des comités locaux, composés généralement de notables locaux, chargés de juger libéraux, francs-maçons et sympathisants de gauche réels ou supposés. La répression est particulièrement intense dans les fiefs de l'UGT et de la CNT, et tout particulièrement dans les régions où le Front populaire avait remporté les élections. A Logroño, plus de 2000 personnes sont exécutées et enterrées dans des fosses communes.

En Andalousie, en Castille, à Saragosse, à Majorque, la répression nationaliste est exercée, faisant preuve d'une « obsession du nettoyage idéologique et de l'épuration sociale ». 8000 personnes sont exécutées à Séville, dont 3028 dans la ville même avant janvier 1937, les survivants étant achevés au couteau ou à la baïonnette .

Au Pays basque, la répression vise notamment le clergé et les milieux catholiques, des listes de prêtres accusés de sympathies séparatistes ayant été dressées. Dès l'été 1936, des militants laïcs et des syndicalistes chrétiens sont exécutés en nombre, sans que le nombre des victimes dans les milieux catholiques ne soit exactement connu. On estime néanmoins qu'un tiers du clergé basque fut victime de cette épuration . Les figures de l'intelligentsia catholique progressiste ou simplement libérale sont traitées en ennemies.

Le 15 août, à Pampelune, des Phalangistes et des Requetés font cinquante ou soixante prisonniers, dont des prêtres soupçonnés de séparatisme basque : les otages sont tous fusillés, les phalangistes refusant de laisser aux prêtres le temps de les confesser. 2789 victimes seront plus tard identifiées dans la province . À l'arrière du front, dans les zones nationalistes, la Phalange organise des escadrons mobiles pour mener à bien des opérations de nettoyage, afin de réaliser l'amputation des « membres gangrénés de la nation »

Exactions des troupes nationalistes

Lors de la prise de Cordoue, tombée sans grande résistance, le commandant de la Guardia civil, Bruno Ibañez, est explicitement chargé de mettre en place la répression là où les troupes nationalistes ont été jugées trop clémentes : plus d'une centaine de personnes sont arrêtées et exécutées dans les premiers jours. Environ 10 000 personnes sont tuées à Cordoue durant la guerre, soit près de 10 % de la population. Le massacre de Badajoz, commis par les troupes de Juan Yagüe, cause entre 6000 et 12000 morts dans toute la province. Les colonnes de soldats nationalistes avançant sur Madrid rasent des villages entiers. Les Regulares, troupes musulmanes du Maroc espagnol, qualifiés de « chrétiens honoraires » par les nationalistes, se distinguent par les atrocités commises, soulevant contre eux une haine particulière dans le camp républicain[14].

En de nombreux endroits, les tueries commises par les troupes nationalistes, durant et après le conflit, excèdent de beaucoup celles commises par le camp républicain : selon les chiffres obtenus par le consul du Royaume-Uni à Malaga, environ 16952 personnes ont été exécutées dans la ville entre février 1937 et août 1944. Les « rouges » ayant précédemment tenu Málaga avaient exécuté ou assassiné environ 1005 personnes entre juillet 1936 et février 1937; les victimes faites par les nationalistes lors de leur première semaine de présence, du 8 au 14 février 1937, se montent à 3500[15].

Bilan

Les tueries assimilées à la « terreur blanche » durent encore plusieurs années après la fin de la guerre. Le bilan officiel, qui ne concerne qu'un peu plus de la moitié du territoire espagnol, s'élève à environ 80 000 personnes tuées par les nationalistes. Selon l'historien britannique Antony Beevor, le nombre total des victimes de la répression franquiste pourrait approcher les 200 000, compte tenu du fait que le bilan de la guerre civile dans plusieurs provinces espagnoles n'a pas encore été réalisé.

Selon l'historien britannique Hugh Thomas, le bilan de la répression nationaliste s'élève à 75 000 morts pendant la guerre dont les deux tiers sont tués lors des six premiers mois du conflit, « y compris les exécutions dans les camps d'internement, sur le front ou ordonnées par les tribunaux après 1936 », les chiffres approchant les 100 000 en tenant compte des représailles auxquelles se livrent les nationalistes dans les territoires conquis .

Différentes estimations globales présentent des chiffres se montant à environ 150 000 victimes certaines allant jusqu'à 400 000 morts en fonction de la période considérée et de l'inclusion ou non des victimes des camps. Guy Hermet ne tranche pas entre les diverses estimations, mais souligne que les massacres « se sont prolongés plus longtemps dans l'État national pourtant moins menacé que son homologue républicain ». Parmi les centaines de milliers de prisonniers des camps franquistes, 192 000 auraient été fusillés, parfois plusieurs années après la guerre civile, avec des pics de plusieurs centaines d'exécutions par jour durant certaines périodes de 1939 et 1940 .

 
 
 
                                          Le Pont neuf reliant les deux parties de la ville de Ronda
 
                           Le Puente Nuevo en 2011
 
   Des prisonniers y ont été précipités dans le vide aussi bien par des forces nationalistes que républicaines .
 
 
 
 
 
 
 

La guerre d'Espagne a été particulièrement violente, surtout lors des grandes batailles (comme la bataille de l'Èbre, mais surtout celle de Teruel). Mais la guerre a également été marquée par des tueries en dehors des combats à proprement parler. Il y a eu des exécutions, parfois sommaires, parfois organisées et même précédées de jugements hâtifs ou inexistants, comme lors des « sacas de presos ».

Lors de cette « révolution » des atrocités sont commises de part et d'autre. Bartolomé Bennassar explique ainsi : « Il y eut bien, face à face, deux volontés d'extermination, l'une plus organisée, c'est vrai, l'autre plus instinctive, l'une et l'autre exacerbées[14]. »

En zone nationaliste

Les militaires fidèles au gouvernement sont les premières victimes partout où les rebelles prennent le pouvoir (hors de tout combat). Il s'ensuit le massacre des militants et sympathisants des syndicats et organisations de gauche à partir de listes établies à l'avance. Au fur et à mesure de la progression des troupes rebelles et de la prise des villes et villages au tout début de la guerre, les militants et sympathisants de la République sont systématiquement arrêtés, emprisonnés ou fusillés. Ce seront ainsi des dizaines de milliers de victimes qui seront exécutées sommairement. Un des plus grands massacres collectifs a lieu les 14 et à Badajoz,Afficher l'image d'origine en Estrémadure, où de nombreux miliciens désarmés sont sommairement fusillés, lorsque les nationalistes, principalement des unités de la Légion, s'emparent de la ville. Ce massacre a été révélé pour la première fois par deux journalistes français et un journaliste portugais. Le bilan est à l'époque évalué à 2 000 victimes, mais il est, selon Hugh Thomas, plus proche de 200

Au Pays basque, la répression frappe notamment le clergé catholique qui avait maintenu la présence de l'Église en territoire républicain alors que la hiérarchie avait choisi le camp nationaliste. Le 27 octobre 1936, 16 prêtres sont fusillés, d'autres sont emprisonnés ou expulsés de la région . La fin de la guerre n'a pas signifié pour autant le retour à la paix. Les exécutions se poursuivront au cours des années suivantes, manifestant la soif de vengeance des vainqueurs caractérisant le régime dictatorial pendant de longues années et la misère et la terreur pour les vaincus. Les lettres de dénonciation sont tellement nombreuses que la prescription des délits politiques non dénoncés est ramenée de quinze à deux ans dès janvier 1940.

En zone républicaine

Les massacres des opposants commencent dès le début de la rébellion. L'appartenance sociale ou politique suffit la plupart du temps dans l'acte d'accusation pour justifier une exécution. Ce fut le cas par exemple pour les officiers de la garnison de Lérida, les officiers de la base navale de Minorque et ceux de Carthagène. Ce fut aussi le cas pour les députés de droite pourchassés en zone républicaine et dont 24 sont exécutés. Les prêtres et les religieuses sont parmi les autres principales victimes de ces massacres, notamment en Catalogne. Selon les études consacrées à la fureur qui a saisi l'Espagne en 1936, plus de 7 000 religieux dont 13 évêques, 4 184 prêtres, 2 365 moines et 283 religieuses ont été assassinés durant cette période Soit 88 % du clergé dans le seul diocèse de Barbastro (Aragon), dont l'évêque, Mgr Asensio Barroso, émasculé vivant avant d'être assassiné le . Neuf diocèses perdirent ainsi plus de la moitié de leur clergé, la seule appartenance à ce dernier étant justiciable d'une exécution sommaire. Ceux qui ont pu y échapper se trouvaient en zone nationaliste, ou avaient pu fuir, se cacher ou bénéficier de protections. À ces tueries s'ajoutèrent les incendies d'églises et de couvents, les profanations d'autels et de sépultures. En septembre 1936, devant des réfugiés espagnols, le pape Pie XI dénonçait ce qu'il désignait comme une « haine de Dieu satanique professée par les républicains ».

À partir du 23 août, des tribunaux populaires (les « checas », du russe tchéka) donnent alisme juridique aux exécutions. Des commissions d'épuration sont mises en place afin de recenser les suspects à partir de leurs antécédents sociopolitiques. En Asturies par exemple, elles dressent les listes des sympathisants des partis de droite dont les « plus chanceux » sont victimes d'expropriation. Durant l'été 1936, en plus des 7 000 à 8 000 religieux, près de 2 000 phalangistes sont massacrés en zone républicaine, hors de tout combat, sans que le gouvernement ne condamne un seul instant ces crimes commis par ses propres partisans des milices syndicales (« les patrouilles de l'aube ») et sans que cela soit en représailles de fusillade du camp adverse. Des actes d'une grande violence frapperont notamment les religieuses ou les jeunes filles des organisations catholiques tombées entre les mains des républicains. La conséquence immédiate sera le ralliement de nombreux centristes catholiques aux militaires insurgés.

À Madrid, entre 1936 et 1939, selon César Vidal, près de 15 000 personnes auraient été fusillées. Des exécutions sommaires massives ont lieu à partir notamment du 22 août 1936, et coûtent la vie à plusieurs anciens ministres de la République comme José Martínez de Velasco, Manuel Rico, Ramón Álvarez ainsi qu'à Melquíades Álvarez, chef du parti libéral-républicain et Fernando Primo de Rivera, frère du fondateur de la Phalange. Les détenus politiques de Jaén transférés vers Madrid sont exécutés en chemin. À Malaga, le 30 septembre, 130 personnes sont fusillées

Du 2 au , cinq mille personnes sont fusillées à Paracuellos et Torrejón de Ardoz, et enterrées dans des fosses communes. Les victimes sont à la fois des détenus madrilènes évacués de la ville, des étudiants d'un collège catholique et les membres de familles aisées de la ville[31]. Les responsables seraient, selon certains historiens, Margarita Nelken, une députée socialiste, et Santiago Carrillo, qui continue de nier le rôle qui lui est attribué dans ces massacres. À partir de mars 1937, les victimes des massacres des républicains vont davantage concerner le camp républicain lui-même . En effet, les tensions au sein même de l'Espagne républicaine conduiront à des affrontements internes sanglants (d’un côté anarchistes et communistes hétérodoxes, de l’autre le PSUC — parti inféodé à l'URSS stalinienne), qui conduiront à la chute de Barcelone. L'affrontement principal au sein du camp républicain a lieu en mai 1937 et aboutit à l'écrasement par les armes du courant révolutionnaire. Ces conflits internes qui ont vu les partisans libertaires et ceux du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM) massacrés par des groupes d'intervention soviétiques soutenus par le NKVD expliquent pour une large part la dégradation de l'assise républicaine, incapable de reconquérir le terrain perdu sur les nationalistes.

Attitude des pays étrangers et interventions

Non-intervention de la France et du Royaume-Uni

En France, Léon Blum, de tout cœur avec les républicains reçoit une demande d'assistance le à laquelle il répond positivement, mais il doit faire marche arrière devant l'opposition de la droite, des radicaux (Édouard Herriot), du président modéré Albert Lebrun et du Royaume-Uni. Finalement, le choix est fait d'appliquer une politique de « non-intervention », seule notion permettant d'associer les Britanniques au règlement du conflit.

Côté britannique, le gouvernement de Neville Chamberlain et les élites britanniques voient l'Espagne comme un pays en pleine révolution « communiste » (les Britanniques refusent de se battre pour des « communistes espagnols »). De plus, tout est fait pour éviter un conflit avec les puissances totalitaires : on pense qu'en étant conciliants avec l'Allemagne, on peut arriver à s'entendre avec Hitler sur ses ambitions expansionnistes.

C'est dans ce contexte que Léon Blum propose le pacte de nonintervention, signé par la quasi-totalité des pays européens. Un comité est créé à Londres pour en définir les modalités. Chaque pays se voit chargé d'empêcher la livraison d'armes en Espagne : les Britanniques doivent assurer le respect d'un embargo sur les armes dans l'Atlantique, la France dans les Pyrénées, et l'Italie sur la côte méditerranéenne.

La France et le Royaume-Uni (envoi d'arme illégalisé le 31 juillet envoient cependant des armes aux républicains mais secrètement.

Participation italienne

Article détaillé : Corpo Truppe Volontarie.

L'aide italienne au camp nationaliste, limitée au début du conflit, devient massive dès la fin de l'année 1936. Elle se matérialise par des livraisons importantes de matériel (près de 700 avions et 950 chars) mais surtout par l'envoi de nombreux soldats. Le Corps des Troupes Volontaires (Corpo Truppe Volontarie en italien, abrégé CTV) atteint jusqu'à 50 000 hommes. Contrairement aux troupes allemandes, les Italiens sont bien intégrés dans les combats après leur défaite à la bataille de Guadalajara. Mussolini semble envoyer ses troupes davantage dans le but de renforcer son rayonnement que par affinité idéologique avec Franco. Même si le fascisme partageait son inspiration socialiste avec le nationalisme espagnol, Franco était un fervent catholique[réf. nécessaire] et un militaire de carrière conservateur, donc tout l'opposé d'un fasciste athée et révolutionnaire. Pour Mussolini la guerre en Espagne est l'occasion d'effectuer une propagande d'ampleur internationale. Mussolini a aussi des intérêts économiques (des armes italiennes sont vendues aux nationalistes) et stratégiques (utopie d'une mainmise sur la Méditerranée, qui passerait notamment par l'annexion des îles Baléares espagnoles . Mussolini espérait également placer un régent italien sur une partie de l'Espagne.

En mars 1938, les Italiens bombardent Barcelone, fief des républicains espagnols. Les quelque 3 000 morts, 5 000 blessés graves et 20 000 blessés légers[34] soulèvent l'indignation de la communauté internationale. Le pape Pie XI admoneste Mussolini.

Participation allemande

Serrano Suner, beau-frère de Franco, alors admirateur de Goering, demande de l'aide à l'Allemagne nazie pour que l'Italie n'ait pas la mainmise sur l'Espagne. L'Allemagne nazie participe au conflit aux côtés des nationalistes en engageant 10 000 hommes au plus fort du conflit, mais ce sont essentiellement des techniciens et instructeurs, peu de soldats. Les rares forces de combat sont limitées à quelques compagnies de chars et aux avions de la légion Condor.

Hitler se sert de cette guerre pour essayer le nouveau matériel et y gagne aussi sur le plan économique. Il a négocié en échange de son aide le contrôle des sociétés minières espagnoles. Le bombardement de civils à Guernica au Pays basque, le 26 avril 1937, par des pilotes envoyés par l'Allemagne et ayant décollé de Brême, préfigure les stratégies de la guerre totale appliquées plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale. Après cet événement, condamné par une bonne partie de la communauté internationale, l'aide allemande se réduit.

Autres aides aux nationalistes

Les nationalistes ont également obtenu l'aide du Portugal d'António de Oliveira Salazar qui enverra une légion de 20 000 hommes (appelés Viriatos). Toutefois, l'aide du Portugal s'arrêtera là. Le général Sanjurjo qui était en exil au Portugal ne fut pas autorisé à partir d'un aéroport officiel. Son avion dut décoller d'un terrain privé et s'écrasa dans un bois en bout de piste. Sanjurjo trouva la mort dans cet accident. Les troupes franquistes, n'étant pas autorisées à rentrer en terrain portugais, trouvèrent d'énormes difficultés pour franchir les cols de Somosierra et Guadarrama durement défendus par les républicains. Ce passage fut facilité par la désertion d'une compagnie de gardes civils entière.

On peut noter aussi le renfort plus anecdotique des 600 à 700 Irlandais de la Légion Saint-Patrick ou des 300 Français de la « Bandera Jeanne d'Arc ». Aux États-Unis, les nationalistes purent compter dans les milieux industriels et financiers sur des sympathisants qui, par des livraisons de pétrole et de camions ou une aide financière, contribuèrent dans une mesure non négligeable à leur assurer la victoire. Ce fut notamment le cas de la Texas Oil Company, de Ford, de Studebaker ou de General Motors.

Participation de l'Union soviétique

 
Affiche d'une exposition des placards de « l'Espagne révolutionnaire » au Musée de l'Ermitage (Leningrad, URSS), 1936.

L'URSS intervient timidement en faveur des républicains, notamment par l'intermédiaire du Komintern, au nom de la lutte contre le fascisme. Plusieurs généraux républicains, membres du PCE, comme Juan Modesto ou Enrique Líster, ne sont pas sortis du rang, mais avaient été formés en URSS où ils avaient trouvé refuge au début des années 1930. Mise en avant et largement vantée par la propagande communiste, l'aide réelle de l'URSS s'élève à « 630 avions, 330 tanks et moins de 1000 canons ». Les plaintes des combattants républicains et de ceux des Brigades internationales concernant la médiocrité et la vétusté de ce matériel sont nombreuses[37]. Le prix, lui, est élevé car les armes sont largement surfacturées et Staline exige en contrepartie que les réserves d'or de l'Espagne détenues par la République « soient mises en sécurité » en URSS où elles resteront après la fin de la guerre et ne seront jamais rendues[38].

L'URSS envoie peu d'hommes (seulement 2 000, pour la plupart des conseillers) et de plus les livraisons d'armes sont irrégulières et l'acheminement difficile vers certaines régions. Après les accords de Munich, l'aide soviétique décroît rapidement. Les Soviétiques encouragent et soutiennent également les Brigades internationales et cherchent à éliminer les marxistes non staliniens (principalement en Catalogne) et les anarchistes. La tiédeur de l'engagement soviétique peut s'expliquer par le pragmatisme de Staline : face à la menace grandissante de l'Allemagne hitlérienne envers l'URSS, il cherche à conclure des alliances militaires avec la France et le Royaume-Uni, cette préoccupation primant sur un soutien à une révolution prolétarienne internationale qui risquerait de lui aliéner ces pays. Ou, plus probablement, Staline a déjà l'idée d'un rapprochement avec l'Allemagne nazie, le pacte Ribbentrop-Molotov, peut-être parce qu'il a le sentiment d'avoir été marginalisé lors de l'accord naval entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne en 1935. Dès lors, parce qu'il chercherait à ménager le rival allemand, son soutien à la cause républicaine ne peut être que limité.[réf. nécessaire]

Brigades internationales

 

notamment le cas de la Texas Oil Company, de Ford, de Studebaker ou de General Motors.

Participation de l'Union soviétique

 
Affiche d'une exposition des placards de « l'Espagne révolutionnaire » au Musée de l'Ermitage (Leningrad, URSS), 1936.

L'URSS intervient timidement en faveur des républicains, notamment par l'intermédiaire du Komintern, au nom de la lutte contre le fascisme. Plusieurs généraux républicains, membres du PCE, comme Juan Modesto ou Enrique Líster, ne sont pas sortis du rang, mais avaient été formés en URSS où ils avaient trouvé refuge au début des années 1930. Mise en avant et largement vantée par la propagande communiste, l'aide réelle de l'URSS s'élève à « 630 avions, 330 tanks et moins de 1000 canons ». Les plaintes des combattants républicains et de ceux des Brigades internationales concernant la médiocrité et la vétusté de ce matériel sont nombreuses[37]. Le prix, lui, est élevé car les armes sont largement surfacturées et Staline exige en contrepartie que les réserves d'or de l'Espagne détenues par la République « soient mises en sécurité » en URSS où elles resteront après la fin de la guerre et ne seront jamais rendues[38].

L'URSS envoie peu d'hommes (seulement 2 000, pour la plupart des conseillers) et de plus les livraisons d'armes sont irrégulières et l'acheminement difficile vers certaines régions. Après les accords de Munich, l'aide soviétique décroît rapidement. Les Soviétiques encouragent et soutiennent également les Brigades internationales et cherchent à éliminer les marxistes non staliniens (principalement en Catalogne) et les anarchistes. La tiédeur de l'engagement soviétique peut s'expliquer par le pragmatisme de Staline : face à la menace grandissante de l'Allemagne hitlérienne envers l'URSS, il cherche à conclure des alliances militaires avec la France et le Royaume-Uni, cette préoccupation primant sur un soutien à une révolution prolétarienne internationale qui risquerait de lui aliéner ces pays. Ou, plus probablement, Staline a déjà l'idée d'un rapprochement avec l'Allemagne nazie, le pacte Ribbentrop-Molotov, peut-être parce qu'il a le sentiment d'avoir été marginalisé lors de l'accord naval entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne en 1935. Dès lors, parce qu'il chercherait à ménager le rival allemand, son soutien à la cause républicaine ne peut être que limité.[réf. nécessaire]

Brigades internationales

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Article détaillé : Brigades internationales.
 
Drapeau des Brigades internationales.

Aux côtés des républicains, des volontaires venus du monde entier, souvent des communistes, des marxistes, des socialistes ou des anarchistes, mais aussi des anti-fascistes plus modérés, se sont engagés dans des groupes qui ont pris le nom de Brigades internationales. Environ quarante mille étrangers, venus de 53 pays différents participèrent au conflit, bien que leur nombre à un instant donné n'ait jamais dépassé 18 000. Jusqu'à 5000 Américains, réunis dans la Brigade Abraham Lincoln, participent aux brigades internationales . Avant même la constitution des Brigades internationales, des étrangers participèrent à la colonne Durruti : la française Simone Weil ou le belge Louis Mercier-Vega en sont des exemples.

 
Volontaires polonais des Brigades internationales jurant loyauté et fidélité à la République.

Autres aides aux républicains

Le Mexique, malgré les ressources limitées de ce pays, fournit « aux républicains vingt mille fusils Mauser, vingt millions de cartouches et de la nourriture »

Bilan

 
Refuge contre les bombardements aériens dans la ville de Valence.

Particulièrement violente, et durablement traumatisante, la guerre d'Espagne est tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions. Elle vit en particulier les premiers bombardements militaires sur les civils, perpétrés par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, alliés de Franco, l'élimination du POUM et de ses responsables antistaliniens par le NKVD et des anarchistes par le Parti communiste espagnol, des massacres spontanés de suspects, d'hommes d'Église ou de membres des classes moyennes et dirigeantes par des anarchistes et des communistes dans les mois qui suivirent la sédition militaire, tandis que le nouvel État nationaliste se construisait à travers la terreur et l'épuration systématiques. En particulier, les franquistes refusèrent toutes les propositions adverses de compromis et poursuivirent, après leur victoire, une répression incessante et de très grande ampleur[41].

Cette guerre civile fut également le théâtre des prémices de la Seconde Guerre mondiale, les futurs belligérants européens commençant à s'y affronter plus ou moins directement : l'Allemagne d'Hitler et l'Italie de Mussolini apportèrent leur soutien à Franco, tandis que l'Union soviétique de Staline vendit des armes aux républicains (tout en cherchant la prise de pouvoir au sein de la République). La France et le Royaume-Uni choisirent la non-intervention et le blocus des exportations d'armes, mais laissèrent les Brigades internationales s'engager aux côtés des républicains. La guerre d'Espagne divisa et passionna les opinions publiques du monde entier. L'engagement de nombreux intellectuels et artistes auprès des combattants, en particulier dans les Brigades internationales, a contribué à lui faire acquérir très vite une dimension légendaire qui perdure.

Par ailleurs, pour certains historiens, la Seconde Guerre mondiale a débuté avec la guerre civile qui oppose en effet de 1936 à 1939 républicains et nationalistes en Espagne et qui fait environ 400 000 morts. Dès 1936, les Européens y voient un conflit à portée universelle : pour la gauche, elle marque l'expansion du fascisme, et pour la droite, elle révèle la menace du bolchévisme.

Victimes

 
Fosse commune découverte à Estépar (province de Burgos), datant d'août-septembre 1936.

Le chiffre des victimes reste difficile à quantifier. Les sources manquent parfois, soit qu'elles n'aient pas été constituées, soient qu'elles aient disparu. Quand elles existent, elles sont souvent manipulées ou accusées de l'être, et font donc encore parfois l'objet de controverse. Dans les deux camps, on a pu parler d'un million de morts (chiffre énorme pour un pays de 26 millions d'habitants), mais ce chiffre est largement considéré comme exagéré. Actuellement, les estimations les plus sérieuses varient entre 380 000 et 451 000 morts[réf. nécessaire] des conséquences directes de la guerre.

Les chiffres suivants[42] sont des estimations :

  • 100 000 à 285 000 soldats morts au combat (pertes militaires directes)
  • 10 000 à 15 000 civils morts des bombardements
  • 40 000 à 200 000 exécutions en zone nationaliste
  • 20 000 à 86 000 exécutions en zone républicaine
  • 30 000 à 200 000 exécutions par le gouvernement franquiste entre 1939 et 1943

La seule bataille de l'Èbre aurait fait près de 60 000 victimes.

Il faut ajouter à ces chiffres la surmortalité due à la famine ou aux épidémies, mais le chiffre de ces victimes (estimé à 330 000[43]) est difficile à établir.

Réfugiés et exilés

La guerre a entraîné d'importants mouvements de population, souvent décidés dans la précipitation sans projet précis pour les personnes déplacées. Si certains de ces déplacements se sont faits à l'intérieur de l'Espagne, la guerre a surtout conduit des Espagnols à quitter leur pays, souvent de manière provisoire, parfois de manière définitive. Les premiers mois, voire les premiers jours de la guerre voient le début de l'exode : depuis le Pays basque, des républicains quittent le pays pour la France ; en Catalogne, ce sont des personnes méfiantes voire hostiles envers les républicains qui partent, par bateau, vers Marseille ou vers l'Algérie. Par la suite, de nombreuses personnes, républicaines pour la plupart, ont quitté l'Espagne. Les destinations ont été variées, mais c'est la France qui a été la plus choisie, les trois autres grands pays d'exil ou de refuge étant le Royaume-Uni, le Mexique et l'URSS.

En France même, ce sont les départements à proximité de l'Espagne[44], qui ont accueilli le plus de réfugiés, avec une forte immigration espagnole dans les villes de Bordeaux et de Toulouse, où résidaient déjà des Espagnols. Les autres départements de la côte Atlantique (Loire-Inférieure notamment) ont également été concernés, ainsi que le Massif central, les Bouches-du-Rhône et la région parisienne. L'accueil des arrivants a été très différent d'un endroit à l'autre : tantôt ils étaient bien reçus et faisaient même l'objet d'actions de solidarité, tantôt ils étaient regardés avec méfiance voire hostilité dans une France en crise marquée par certaines formes de xénophobie.

Cette émigration vers la France a connu un mouvement d'accélération important au cours de la bataille de l'Èbre et dans les mois suivants, dans un mouvement appelé la Retirada (retraite). En mars 1939, le nombre de réfugiés espagnols en France a été estimé à 440 000 personnes (d'après l'information de Valière au gouvernement français, 9 mars 1939). Devant un tel afflux, les autorités françaises se sont trouvées débordées, et certains de ces réfugiés se sont trouvés regroupés dans des « camps de concentration », suivant le terme employé officiellement à l'époque.

Le départ d'Espagne de toutes ces personnes n'a pas toujours été définitif. Certains, pendant la guerre, n'ont fait que passer par la France pour quitter le Pays basque occupé par les nationalistes, et rentrer par la Catalogne encore tenue par les Républicains. Toutefois, la plupart de ceux qui ont quitté le pays n'y sont pas revenus avant la fin de la guerre civile. Certains réfugiés sont retournés dans l'Espagne franquiste, en particulier quand le régime s'est adouci, d'autres ont attendu la transition démocratique. En réalité, pour de nombreux républicains espagnols, l'installation à l'étranger est devenue définitive, mais ces familles entretiennent le souvenir de la guerre civile. En 1939-1940, beaucoup de républicains demandent à s'engager dans les bataillons étrangers de l'armée française, malgré la méfiance des officiers français envers ces « Rouges ». Par la suite, ils sont nombreux à rejoindre la résistance française, les maquis (on parle de 60 000 maquisards espagnols dans le Sud-Ouest en 1944) et les Forces françaises libres. Lors de la libération de Paris, le premier détachement de l'armée Leclerc à entrer dans Paris est une compagnie composée en majorité d'espagnols, surnommée La Nueve.

L'écrivain et résistant communiste Jorge Semprún est l'une des figures les plus emblématiques de l'émigration républicaine.

Chronologie

1936

 

 
Carte générale de la Guerre d'Espagne. En rose : zone républicaine. En beige : zone nationaliste.
 
Situation en août/septembre 1936.

1937

 
Situation en octobre 1937.

1938

 
Situation en novembre 1938.

 

 

 

 

  • 5 avril : Le ministre socialiste Indalecio Prieto quitte le ministère de la défense sans avoir pu endiguer l'influence communiste et soviétique dans l'armée.

 

 

 

Bataille de l'Èbre
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l'Espagne en novembre 1938, à la fin de la bataille de l'Èbre.

Informations générales
Date 25 juillet -
Lieu Basse vallée de l'Èbre, Espagne
Issue Victoire franquiste décisive
Belligérants
Flag of Spain (1931 - 1939).svg République espagnole
Flag of the International Brigades.svg Brigades internationales
Flag of Spain (1938 - 1945).svg Camp nationaliste
Flag of the NSDAP (1920–1945).svg Troisième Reich
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Royaume d'Italie
Commandants
Flag of the International Brigades.svgVicente Rojo Lluch
Flag of the International Brigades.svgJuan Guilloto León
Flag of the International Brigades.svg Enrique Líster
Flag of the International Brigades.svg Manuel Tiguena
Flag of the International Brigades.svg Etelvino Vega
Flag of the International Brigades.svg José Barrio Navarro, Hans Kahle
Flag of the International Brigades.svg Dominiciano Leal
Flag of the International Brigades.svg Manuel Alvarez
Flag of the International Brigades.svg Antonio Beltrán Casaña
 
Forces en présence
100 000 hommes
env. 150 avions (dont 24 bombardiers Tupolev SB-2, 90 Polikarpov I-16 type 5, 6 et 10 "Mosca" et quelques Polikarpov I-5 "Chato")
Quelques pièces d'artillerie
98 000 hommes
plus de 400 avions (dont des Heinkel He-111, des Fiat CR.32, des Savoia SM.79 et SM.81, des Messerschmitt Bf-109 C et D, et 3 Junkers Ju-87 "Stuka")
200 pièces d'artillerie
Pertes
10 000 morts
34 000 blessés
19 563 prisonniers
env. 70 avions abattus
6 500 morts
30 000 blessés
5 000 prisonniers
env. 50 avions abattus

Guerre d'Espagne

Coordonnées 41° 09′ 50″ Nord, 0° 28′ 30″ Est

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de l'Èbre.

 

 

1939

 
Situation militaire en février 1939. En beige : zone nationaliste. En rose :zone républicaine.
Segismundo Casabo López
Naissance 1893
Nava de la Asunción, Ségovie, Espagne
Décès 1968 (à 75 ans)
Madrid, Espagne
Allégeance Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Drapeau de l'Espagne République espagnole
Arme Cavalerie
Grade Colonel
Autres fonctions Conseil national de défense
  • 6 mars : Fuite du président Negrin et des principaux dirigeants républicains espagnols.
  • 26 mars : Début de la reddition de l'armée républicaine (voir Offensive finale de la guerre d'Espagne).
  • 26 mars : Avance finale des troupes franquistes : reddition des armées républicaines, chute de Madrid.
  • 1er avril : Franco fait diffuser depuis Burgos l'« último parte », communiqué de victoire déclarant que les armées nationalistes ont atteint tous leurs objectifs militaires et que la guerre est terminée.

 

                                   Último parte

 

L’último parte (« la partie finale ») de la guerre d'Espagne fut signé par le général Franco et publié le 1er avril 1939 :

En el día de hoy, cautivo y desarmado el ejército rojo, han alcanzado las tropas nacionales sus últimos objetivos militares. La guerra ha terminado. El Generalísimo: Franco. Burgos, 1º de abril de 1939.

« Aujourd'hui, ayant capturé et désarmé l'armée rouge, les troupes nationalistes ont atteint leurs objectifs militaires. La guerre est terminée. Le généralissime Franco. Burgos, 1er avril 1939. »

Ce message fut lu sur les ondes à 22 heures 30 le même jour par l'acteur Fernando Fernández de Córdoba, avec l'intonation et l'emphase propre à l'époque.

Il faut noter que l'último parte souligne que les troupes nationalistes ont atteint leurs objectifs militaires, mais pas leurs objectifs politiques ; annonçant par là, les futures années de dictature. Bien que considéré comme l'acte final de la guerre, il y eut néanmoins des combats jusqu'à la fin du mois d'avril 1939 dans des zones reculées d'Espagne, ainsi que des actes de guerilla dans les alentours de Madrid pendant les années suivantes.

 

 

 

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